L’Unité Africaine n’a pas besoin de l’unanimité des 53 pour ratifier le traité des États-Unis d’Afrique

Afrogouvernance - Par Gustave Botela Lipo10 février 2008

À l’image des autres grandes unités internationales que nous connaissons aujourd’hui, le projet de l’Unité de certaines communautés a commencé par deux pays pour s’étendre plus tard au plus grand nombre.

Ne jamais marginaliser une idée souveraine et noble comme celle de l’Unité. L’Unité fait la force; personne ne peut contredire cette hypothèse. L’exemple de l’Europe and de l’Amérique pour ne citer que ces deux communautés, se sont organisées en petit nombre, pour aboutir à la réalité d’aujourd’hui.

L’Union Européenne construite en trois phases

Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA)

La proposition de sa création, annoncée par Robert Schuman (lors de son discours le 9 mai 1950 : journée de l'Europe), alors ministre des affaires étrangères français, fut très rapidement acceptée par tous les pays qui ratifièrent le traité en moins d'un an.

Le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) a été signé à Paris le 18 avril 1951 par la Belgique, la France, l'Italie, la République fédérale d'Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas. Initié par Jean Monnet, il avait une validité de 50 ans; il est entré en vigueur le 23 juillet 1952. La CECA n'existe donc plus depuis le 22 juillet 2002.

Constituant la principale richesse des pays occidentaux, l'acier avait joué un rôle important dans la Seconde Guerre mondiale (fabrication des armes). Le projet consiste à mettre en commun la production et la consommation de l'acier et du charbon entre la France et l'Allemagne pour ensuite créer une organisation européenne ouverte aux autres pays d'Europe. Ce projet a notamment un but politique, car en signant cette alliance quelques années après la fin de guerre, les deux pays font alors preuve de leur coopération et donc de leur réconciliation au moins économique.

Le traité instaure un marché commun du charbon et de l'acier, supprime les droits de douanes et les restrictions quantitatives entravant la libre circulation de ces marchandises ; il supprime également toutes les mesures discriminatoires, aides ou subventions, qui seraient accordées par les États signataires à leur production nationale.

Le principe de libre-concurrence, tout en permettant aux États de garder un contrôle sur leur approvisionnement, permettant le maintien des prix au plus bas niveau possible, est adopté.

La mise en place du traité s'est faite en plusieurs étapes. Les deux principales sont : la création de la Haute Autorité présidée initialement par Jean Monnet, dont le siège était à Luxembourg ; La mise en place d'une période d'adaptation pour les industries nationales. La CECA était déjà annonciatrice de l'Union européenne et de ses institutions.

Communauté Économique Européenne (CEE)

La Communauté économique européenne est née, après l'échec de la Communauté européenne de défense et le succès de la Conférence de Messine, en 1955, à la suite de la signature du Traité de Rome, le 25 mars 1957 au Capitole (Salle des Horaces et des Curiaces), à Rome. En raison de son objectif principal, elle était souvent désignée comme le Marché commun. Avec la signature du Traité de Rome, six pays (la France, la RFA, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas) créent deux nouvelles communautés qui s'ajoutent à la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) :

La Communauté économique européenne (CEE)

La Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom)

La CEE avait pour mission de dépasser l'approche sectorielle (celle du charbon et de l'acier) pour étendre l'intégration à tout le domaine économique afin de créer un véritable marché commun et un rapprochement économique des États membres. Cela passait par la libre circulation des personnes (Convention de Schengen), des biens, des capitaux et des services; par l'abolition des restrictions douanières entre ses membres; par l'instauration d'une politique agricole commune (PAC), etc. Elle laissait également déjà entrevoir une Union économique et monétaire, la zone euro.

Union Européenne (EU)

L’Union européenne est née le 7 février 1992, lors de la signature du traité sur l'Union européenne à Maastricht par les douze États membres de la Communauté économique européenne (CEE). C'est une union intergouvernementale et supranationale composée de 27 États, et dont la liste n’est encore finie de s’allonger.

L'UE est la première puissance économique et commerciale de la planète avec environ 31% du PIB mondial[]. C'est une construction d'un nouveau type, sans précédent historique, entre des États différents mais appartenant au même continent, l'Europe (quoique les limites de l'Europe sont définies par des critères culturels autant que géographiques, en particulier dans le cas de Chypre, qui géographiquement appartient plutôt à l'Asie).

L'Union européenne est une entité juridique indépendante des États qui la composent et dispose de compétences propres (politique agricole commune, pêche, politique commerciale, etc.), ainsi que des compétences qu'elle partage avec ses États membres.

Elle est reconnue comme étant une organisation internationale (au même titre que l'ALENA, le MERCOSUR, l'ASEAN, etc.) mais avec un rôle politique propre plus important que pour les autres organisations internationales, ainsi qu'un pouvoir de contrainte sur ses membres plus important. Sur le plan économique, elle dispose d'une union douanière, ainsi que pour quinze de ses États membres, d'une monnaie unique, l'euro. L'Union est donc une structure supranationale hybride empreinte à la fois de fédéralisme et d'inter gouvernementalisme.

De l’Amérique des 13 à l’Amérique des 50 = États-Unis d’Amérique, première puissance mondiale.

La Constitution des États-Unis est, dans ses propres termes, la loi suprême du pays. Elle fut acceptée le 17 septembre 1787 par une convention réunie à Philadelphie, et après ratification, s'applique depuis le 4 mars 1789. Modifiée par vingt-sept amendements, elle est l'une des plus anciennes constitutions écrites encore appliquées (la plus ancienne étant probablement celle de la République de Saint-Marin, qui date de 1600).

Influencée par la tradition britannique et des philosophes libéraux tels que John Locke et Montesquieu, ainsi que par la Constitution Corse de Pasquale Paoli de 1755, elle établit un gouvernement aux prérogatives limitées, tenu de respecter les droits fondamentaux des citoyens, et fondé sur la séparation des pouvoirs, qui doivent se contrôler et s'équilibrer l'un l'autre (checks and balances).

Ratifiée à l'origine par treize États fédérés, devenus aujourd'hui cinquante, elle crée un État fédéral. Bien que la constitution et les lois des États-Unis s'imposent aux divers États fédérés, de très larges prérogatives leur sont réservées.

Le gouvernement est, dès l'origine, de type républicain et fondé sur la souveraineté du peuple. En revanche, son caractère démocratique au sens actuel du terme, avec le suffrage universel, n'apparaît que progressivement, parfois au travers d'amendements, plus souvent par le changement des lois ou des revirements de jurisprudence.

Le continent Africain comprend 48 pays en incluant Madagascar, et 53 en incluant tous les archipels. Chacun des pays vie sous l’influence des ex-colonisateurs ou autres puissances internationales.

Ainsi, le méga projet comme celui des Etats-Unis d’Afrique lancé par le guide de la Jamahiriya Arabe Libyenne, la Déclaration de création de l’Union africaine (UA), le 9 septembre 1999, à Syrte, dans le centre de la Libye.

Un projet qui aura toujours des embûches de gauche à droite, suite à l’incompréhension des certains dirigeants Africains. Ils changent de position du jour au jour en tenant des discours contradictoires, juste pour retarder la mise en œuvre du projet.

Les communautés internationales, qui sont devenue aujourd’hui de grandes puissances économiques ou militaires, sont conscientes de la force de l’Unité. Et jamais, ils ne voudront voir l’Afrique se développer car lesdites communautés ne pourront plus exploiter à volonté les ressources naturelles de l’Afrique. Nos dirigeants Africains sont tous conscients de cette réalité. Mais pourquoi retardent-ils à ratifier ? (Nous y reviendrons.)

Suggestions :

À l’exemple des autres communautés (Europe, Amérique), le projet de l’Unité Africaine peut très bien se concrétiser par la volonté ferme de seulement : deux, trois, quatre ou cinq dirigeants Africains. Ce sont les valeurs de la culture Africaine qui est en jeux qui feront que, les récalcitrants n’auront pas de choix que de suivre les pas, et d’adhérer.

À savoir que ; d’ici la fin du siècle, les communautés s’identifieront n’ont plus par nationalité régionale telle que ; Congolais, Égyptiens, Camerounais, Marocains, etc., mais plutôt par groupe des États tel que : Nous appartenons au groupe Européen, Asiatique, Amérique ou Afrique.

La preuve est là. On parle déjà de triade qui est ; le Japon, l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique. Ce sont les leaders de trois pôles, qui contrôlent l’économie mondiale. Ainsi d’ici la fin du siècle, le Japon qui en Asie avec les Asiatiques, l’Europe avec les Européens et les Etats-Unis d’Amérique avec les Amériques. Et si les pays d’Afrique restaient toujours statut quo sans union, deviner la suite.

Cela ne veut pas dire qu’il faut former dans un premier temps, de petits groupes d’Afrique de l’Est, de l’Ouest, du Nord ou du Sud, puis ensuite se regrouper. Cette façon de s’unir n’engendrera que des conflits, des incompréhensions, des discriminations, comme nous le vivons jusqu’à date.

L’idée maîtresse est d’établir dès le départ un noyau central qu’est l’Unité Africaine avec libre choix d’adhérer où pas. Cela dit, avec ou sans l’unanimité des 53 pays, le traité doit être ratifié, tout en laissant la porte ouverte aux nouveaux adhérents, même à ceux qui ont renoncé au départ, car il faut que règne toujours l’esprit de la tolérance au sein de l’équipe.

Un gouvernement de l’Unité Africaine issu d’une minorité des pays, est capable de s’imposer sur le plan international selon les stratégies de mise en œuvre bien planifiées, organisées et gérées.

Les enjeux de la mondialisation sont trop complexes. Il faut impérative s’unir, pour résister aux vagues imprévisibles de la mutation planétaire. La force de chaque communauté réside, dans la capacité de chacune à parvenir à nourrir sa population.

Les armes à feu n’ont plus des valeurs intrinsèques, ceux qui les fabriquent maintenant c’est juste par cupidité, et finiront par transformer tôt ou tard leurs industries des armes nucléaires, par la fabrication des biens de consommation courante, comme ce fût le cas des industries blindées après la deuxième guerre mondiale ; qui se sont transformées aux industries de fabrications des automobiles de toutes sortes que nous utilisons aujourd’hui.

Essayer de regrouper tous les 53 pays d’Afrique en un seul coup de sifflet, les mauvaises influences externes sont multiples et certains dirigeants Africains traîtres ne viendront que pour distraire la galerie, et compliquer à tout moment par des questions qu’eux-mêmes n’ont pas de solutions appropriées.

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