Grande Jamahiriya arabe Libyenne socialiste et populaire
Muammar Al-Kadhafi et l'Afrique
La démocratie directe et le livre vert
La démocratie directe, une instance politique, qui signifie les citoyens d’abord.
QU’EST-CE QUE LA DÉMOCRATIE ?
Afrogouvernance – Par
Gustave Botela Lipo – 03 avril 2008.
La crise multidimensionnelle en cours, est la cause reproduite par le cadre institutionnel par
la concentration de pouvoir à tous les niveaux. La porte de sortie de cette crise devrait être de passer à un nouveau cadre coutumier
garantissant une péréquation du pouvoir égalitariste; c’est-à-dire la démocratie. Mais comment allons-nous définir la démocratie ?
Tout
le monde en parle aujourd’hui, mais peu arrive exactement à nous donner la vraie définition de la démocratie. Avant d’entamer l’analyse
d’un nouveau projet fondé sur la démocratie, de s’interroger sur le sens du mot «démocratie» lui-même.
L’anormalité la plus courante,
que l’on trouve particulièrement chez les universitaires et hommes politiques libéraux mais aussi certains théoriciens libertaires,
consiste à confondre le système oligarchique aujourd’hui dominant, dit «démocratie représentative», avec la démocratie.
Nous lisons
dans la plupart des manuels récents que le mot démocratie vient du grec et signifie «gouvernement du peuple[1]» Ayant ainsi posé que
la démocratie est un type de «gouvernement» (erreur que certains libertaires reprennent aujourd’hui), l’auteur fait aussitôt valoir
que, si l’on entend «gouverner» au sens de prendre des décisions d’autorité traduites par des lois et règlements qui s’imposent à
la société, il est évident que (sauf référendum occasionnel) seuls quelques individus peuvent être des «gouvernants» dans les sociétés
modernes, où la population est très nombreuse. Pour que la définition de démocratie soit utilisable, il convient donc, selon lui de
donner à gouverner un sens beaucoup plus faible : «choisir les gouvernants et influencer leurs décisions[2]».
Cette notion moderne
de la démocratie n’a pratiquement aucun rapport avec le concept grec antique. L’habitude d’étreindre au terme toutes sortes d’adjectifs
qualificatifs a encore accru la confusion, en donnant l’impression qu’il existe plusieurs formes de démocratie.
- Les libéraux parlent de démocratie «moderne, libérale, représentative et parlementaire»;
- Les
sociaux-démocrates, de démocratie «sociale, économique et industrielle»;
- Les léninistes parlaient
de démocratie «soviétique» et appelaient les pays du «socialisme réel» les «démocrates populaires».
En réalité, il n’existe qu’un seul
type de démocratie politique : l’exercice direct de la souveraineté par les citoyens eux-mêmes. C’est un mode d’institution de
la société qui exclut toute forme de gouvernement et institutionnaliste le partage à égalité du pouvoir politique entre tous les citoyens.
Cette thèse comporte deux importants résultats.
Le premier, c’est que tous les autres systèmes qui s’intitulent démocratie (représentative,
parlementaire, moderne, etc.) ne sont que diverses incarnations de l’oligarchie, c’est-à-dire du gouvernement par une minorité.
Les
seuls qualificatifs qui peuvent accompagner utilement le mot démocratie sont ceux qui étendent le sens antique du terme à l’économie
et à l’ensemble des rapports sociaux. C’est pour cela qu’il est question de la «démocratie directe.»
Cet appositif indique simplement
le renforcement du concept antique de démocratie aux champs du social, de l’économique et de l’écologique.
La seconde conséquence,
c’est que l’appel de la gauche tendance «Société Civile» à approfondir la démocratie n’a aucun sens, puisqu’il postule implicitement
que la démocratie représentative d’aujourd’hui est vraiment une démocratie, que sa différence avec la démocratie directe est seulement
quantitative, alors qu’en réalité la démocratie libérale n’est absolument pas une démocratie mais une «oligarchie libérale», comme
l’appelle justement Castoriadis[3].
Les penseurs de la société civile confondent l’actuelle «démocratie étatiste» (où à l’instance
politique est séparée de la société) et le concept antique de démocratie (où l’instance politique, ce sont les citoyens).
[1] Anthony H. Birch, the Concepts
and Theories of Modern Democracy, Londres, Routledge, 1993, p. 45.
[2] Ibid. p.48.
[3] Cornelius Castoriadis, «La crise de la culture et l’État», dans Le Contenu du socialisme, op. cit.p. 413-439.
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Un
exemple concret de la politique de la démocratie directe en Afrique.
Afrogouvernance- Par Gustave Botela Lipo – 03 mars 2008.
La plupart
des gouvernements d’Afrique, sont coincés par la démocratie représentative qui n’est pas du tout mauvaise, mais il faut reconnaître
que, la bureaucratie est trop lourde pour la plupart des pays en Afrique en quête de la stabilisation économique.
Si depuis les années
d’indépendance (1960), certains pays Africains n’arrivent toujours pas à se stabiliser politiquement, économiquement et socialement,
il ne faut toujours pas montrer du doigt que c’est la faute des autres.
La démocratie a plusieurs facettes. Un pays peu changer sa
trajectoire au sein même de l’arène de la démocratie. Si la formule de la représentativité ne fonctionne pas, où ne s’adapte pas à
la culture et aux mœurs des citoyens et citoyennes du pays, les dirigeants peuvent se réunir et changer le fusil d’épaule. Cela ne
demande pas l’autorisation d’un tiers pays, car c’est pour le bien-être du peuple. Il existe d’autres formules dont : la démocratie
indirecte ou directe.
Ultérieurement, nous étudierons la démocratie Chinoise, et explorer en pièce détachée et essayer de comprendre
leur point de vue de la définition de la démocratie.
Quel que soit le système politique instauré dans un pays donné, l’objectif est
toujours le même; c’est-à-dire soutenir sa population. Si les dirigeants où les garants n’y arrivent pas à satisfaire le bien-être
de sa population, alors il faut carrément laisser la place à ceux qui sont capables de sauvegarder les intérêts du peuple.
Comme définie
plus haut, la gouvernance ne s’exporte pas. Chaque pays à sa propre gouvernance qui convient aux mœurs qui leur sont propres. Les
gouvernants doivent écouter et satisfaire le peuple d’abord. Cela signifie qu’il faut servir le peuple et non se servir.
Dans le texte
ci-dessous, l’exemple type de la gouvernance sous le système de la démocratie directe instauré en Libye par Mouammar Kadhafi, est
un sujet d’études et de méditations.
Mouammar Kadhafi prône une réforme en profondeur du gouvernement
Par Salah Sarrar Reuters - Dimanche
2 mars, 20h43
SYRTE, Libye (Reuters) - Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi prône une réforme en profondeur du gouvernement, estimant
que le système actuel devait en grande partie être démantelé pour n'avoir pas réussi à distribuer les importants revenus que la Libye
tire de son pétrole.
Kadhafi a déclaré au Congrès général populaire, qui fait office de Parlement, que les grands projets accusaient
un retard et que le peuple devait trouver lui-même un nouveau moyen de partager les revenus pétroliers.
"Tous les citoyens ont le droit
de bénéficier des revenus du pétrole. Ils devraient toucher de l'argent et faire ce qu'ils veulent avec", a-t-il déclaré dans un discours
à Syrte, sa ville natale.
Son appel au démantèlement de la plupart des comités gouvernementaux, rouages essentiels du système de "Djamahiria",
ou "État des masses", en vigueur en Libye, devrait faire l'objet d'un débat au Parlement dans les prochains jours.
Une grande partie
de la population - six millions d'habitants en tout - trouve qu'elle ne bénéficie pas de la hausse importante des revenus pétroliers
et de la hausse des investissements étrangers depuis que Tripoli a renoncé, en 2003, à ses programmes d'armements interdits, lui permettant
de sortir de son isolement diplomatique.
Kadhafi a plusieurs fois exhorté le gouvernement, ou Comité populaire général, à accroître
le revenu moyen des Libyens pour rivaliser avec les pays européens, invoquant les ressources de ce pays membre de l'Opep.
"Nous avons
dépensé 37 milliards de dollars par an ces dernières années. Les comités populaires généraux n'ont pas bien géré cet argent. Ces comités
doivent cesser d'exister", a-t-il dit, faisant référence aux comités gouvernementaux.
"LE GOUVERNEMENT A ÉCHOUÉ"
Il a dit qu'exception
serait faite des comités gouvernementaux sur la défense, la sécurité et les affaires étrangères, qui seraient conservés.
"Dans plusieurs
secteurs, des projets sont encore inaboutis. C'est une preuve de l'échec des comités. C'est un échec. Le gouvernement a échoué. Les
comités ont échoué en tout. Ils n'ont même pas su former de bons artistes et de bons chanteurs", a déclaré le dirigeant libyen.
"Ces
comités seront remplacés naturellement par de vrais comités qui seront créés partout, par des citoyens. Les citoyens recevront directement
une partie des revenus pétroliers. Ils n'ont pas besoin d'intermédiaires", a-t-il ajouté.
Cette idée rappelle l'esprit de la "Djamahiria",
proclamée par Kadhafi en 1977 dans le but de créer une société parfaite en conformité avec les recommandations du Livre vert, qui
mêle des préceptes socialistes, l'islam et le pan-arabisme.
Le système est basé sur des réunions au niveau municipal appelée Congrès
populaires de base (CPB). Tout le monde a le droit et le devoir de participer aux CPB, qui en théorie détiennent le pouvoir ultime.
Des
centaines de CPB communiquent leurs décisions à une série de comités. A chaque niveau les comités élisent le niveau suivant, et ainsi
de suite jusqu'au parlement. Ce dernier désigne le gouvernement, qui gère les affaires courantes.
Les admirateurs de ce système où
les partis politiques sont interdits affirment qu'il garantit aux citoyens de pouvoir participer à la gestion du pays, ainsi qu'une
certaine stabilité. Ses détracteurs jugent que la "Djamahiria" cache un régime autoritaire et contribue à maintenir le pays dans la
pauvreté.
Version française Natacha Crnjanski