La
Feuille de route vers les États-Unis d’Afrique bientôt en action.
Afrogouvernance – Par Gustave Botela Lipo – 11 juin 2008.
Dans
mon exposé du 09 avril 2008, j’avais parlé largement de la fondation de l’OUA jusqu’à l’Union Africaine. La création des États-Unis
d’Afrique est un sujet que tous les leaders Africains sans exception, doivent y penser et que ceci soit leur prière du soir quotidien
avant de dormir.
Le monde est en pleine mutation et, l’Afrique n’y échappe pas étant donné que notre cher continent fait aussi
partie de ce monde en évolution.
En septembre 1999, lors du quatrième sommet extraordinaire des chefs d'État Africain et de gouvernement
de l'OUA à Syrte (Libye), le colonel Mouammar Al-Kadhafi exhorte l’idée de la création des États-Unis d’Afrique.
La création de l’Union
Africaine
"Guidés par notre vision commune d'une Afrique unifiée et forte", les dirigeants du continent ont décidé de remplacer l'Organisation
de l'unité africaine (OUA) en une nouvelle Union. Le Sommet de juillet qui s'est tenu à Lusaka (Zambie) devait être le dernier de
l'OUA. Dans l'Acte constitutif de l'Union africaine, les responsables politiques africains affirment le besoin de "modeler un partenariat
entre les gouvernements et toutes les couches de la société civile", de lutter contre le fléau des conflits, et de "promouvoir et
de protéger les droits de l'homme, de consolider les institutions et la culture démocratiques, et d'assurer la bonne gouvernance et
la primauté du droit".
Selon les leaders Africains, les structures de l'OUA établies depuis 1963 n'étaient pas à la hauteur de la tâche,
les dirigeants du continent ont lancé un premier appel à la constitution d'une Union africaine à Syrte (Libye), en septembre 1999.
Après des vives discussions sur le projet de changement, le prochain Sommet de l'OUA à Lomé (Togo) a adopté l'Acte constitutif de
l'Union et l'a soumis à la signature et la ratification des 53 États membres de l'OUA. Après avoir obtenu la ratification des deux
tiers des membres de l'OUA, l'Union africaine (UA) a été officiellement proclamée en mars 2001.
Dès le départ, l’OUA est déplumée de
ses prérogatives c’est-à-dire de sa trajectoire originale. L’Union Africaine efface carrément l’Unité Africaine en priorisant dès
lors les initiatives économiques que le renforcement de l’Unité du continent Africain. Selon les partisans de cette école de l’Union
Africaine, l’Unité a échoué par faute des moyens financiers. Donc en priorisant le partenariat avec les pays du Nord, l’Afrique deviendra
fort, unifié et capable de s’imposer sur l’échiquier mondial.
Bien qu'étant reconnues sur le plan juridique, l'Union africaine et ses
différentes institutions restent à établir. Les dirigeants rassemblés à Lusaka ont surtout examiné les mesures intermédiaires et préparatoires
qui devront être prises avant la tenue du premier Sommet de l'Union africaine, prévu l'an prochain en Afrique du Sud. M. Salim Ahmed
Salim, longtemps Secrétaire général de l'OUA, a été remplacé par M. Amara Essy, ancien Ministre des affaires étrangères de la Côte
d'Ivoire (et ancien Président de l'Assemblée générale des Nations Unies), qui dirigera la transition.
La dissolution de L’OUA en faveur
de l’Union Africaine, ne pouvait pas poser des différends sur le plan institutionnel car l’OUA avait déjà une ossature valable et
si les dirigeants Africains qui ont soutenus l’hypothèse de l’effacement pure et simple de l’OUA, ils devraient d’abord faire des
recherches approfondies et trouver les causes premières de l’échec de ladite Organisation et corriger les erreurs. Par là, on peut
vite comprendre dès lors qu’il y avait deux écoles de pensée qui s’opposaient. Les Uns en faveur de la continuité de la force de l’Unité
et les autres de la discontinuité et en faveur de l’Union économique.
En nous référant à l’Union Européenne ou à l’ONU, on cherche
d’abord les causes de dysfonctionnement de l’Organisation et on corrige les défauts. Quand on avait dissocié la SDN (Société des Nations)
par l’ONU (Organisation des Nations Unies), jusqu’ici la Charte n’a pas du tout changé d’une seule phrase car, ce n’est pas la faute
de la définition de la Charte qui est à l’origine de l’échec de la SDN. Le premier handicap en est que; la SDN n’avait pas des troupes
d’intervention de maintien de la paix. Chose qui a été corrigé à la création de l’ONU. On a exclut le Japon et l’Allemagne parmi les
membres du comité permanent en remplacement de la France et de la Grande Bretagne. En cela, on a muni l’ONU des troupes d’intervention.
Ce qui explique, une rénovation systématique pour adapter l’Organisation selon le mouvement de la mutation planétaire. Ainsi, la SDN
dans son texte constitutionnel, rien n’a changé.
Dans le cas de l’OUA et L’UA, tout est changé depuis son texte d’origine. C’est la
plus grave erreur des dirigeants Africains qui ont soutenus avec acharnement l’idée de tout effacer. L’OUA a été créée dans l’idée
d’unir l’Afrique, c’est-à-dire l’idée maîtresse des États-Unis d’Afrique. Kwame Nkrumah avait dit : «Unissons-nous où nous mourrons.»
Ainsi en 1963, l’OUA a vu le jour. Il est normal pour une nouvelle Organisation continentale, composée des pays qui viennent juste
de sortir des griffes des impérialistes, de faire des erreurs sur la structure et certaines règles institutionnelles. Dans toute chose,
c’est le premier pas qui compte. Sans oublier que le Panafricanisme a été combattu par les par les Occidentaux, voyant à cela une
idée géniale qui bousculera dans les années à venir l’économie Européenne et compromettra dans une certaine mesure l’avenir du développement
de quelques pays du Nord.
"Extrêmement ambitieux" et "très difficile" ont été les adjectifs utilisés par le Président sud-africain
Thabo Mbeki pour décrire deux plans de développement socio-économique et d'union politique de l'Afrique. Bon nombre de ses collègues
présidents et premiers ministres, réunis à Lusaka (Zambie) à l'occasion d'un Sommet de l'Organisation de l'unité africaine (OUA),
avaient aussi conscience des redoutables défis qui les attendent, alors même qu'ils s'efforcent de changer les relations des pays
africains, entre eux et vis-à-vis du reste du monde.
Sur le plan politique, les dirigeants africains ont l'intention de transformer
l'OUA, dans l'année qui vient, en une institution plus efficace à l'échelle continentale, l'Union africaine. Parallèlement, les responsables
du continent souhaitent promouvoir une stratégie de développement inédite "fabriquée en Afrique", connue sous le nom de nouvelle Initiative
africaine. Cette stratégie combine deux projets de plans présentés cette année par différents présidents africains, le Partenariat
du millénaire pour le Programme de relance de l'Afrique et le Plan Oméga, qui ont été fusionnés en un seul document à la veille du
Sommet de l'OUA organisé à Lusaka du 9 au 11 juillet.
L'objectif global de l'Initiative, ont décrété les Chefs d'État réunis à cette
occasion, sera d'aboutir à "un développement humain et durable", tout en s'assurant que l'Afrique sera plus qu'un acteur secondaire
dans l'économie mondiale. Pour ce faire, l'Afrique devra obligatoirement bénéficier d'une meilleure mobilisation et d'une meilleure
gouvernance, déclare l'Initiative, affirmant que "les peuples du continent ont d'ailleurs commencé à démontrer qu'ils n'acceptaient
plus les mauvaises orientations politiques et économiques". Bien que de nombreux détails restent à régler, les grandes lignes de l'Initiative
ont d'ores et déjà été esquissées («Nous déterminerons notre propre destin").
À bien comprendre, l’initiative est lancée sans un projet
préétabli. Comme il fallait changer, donc on efface le tableau et on se pose la question de savoir quoi écrire à la place ? En présence
de cette nouvelle Initiative africaine, qui est en même temps une source d'espoir et le plan de développement du continent éveille
des éloges et du scepticisme. Le premier Président de l’Union Africaine en l’occurrence Thabo Mbeki alors Président de l’Afrique du
Sud, avait amené les idées de l’économie comme priorité, une initiative issue de la politique de son propre pays qui se cherchait
sur la reprise économique après de longue période de l’apartheid. Pour lui, la vision du partenariat économique avec les ex-colonisateurs
était la voie de sortie. Une expérience que les pères du Panafricanisme ont comprise à l’aube des années des indépendances (1960).
Donc on peut bien comprendre que, le Président Thabo Mbeki n’est pas de cette mouvance et ne peut pas comprendre à fond la lutte de
l’Unité Africaine. Il veut incarner une idée néo-colonialiste au sein de la famille Africaine.
Le sens du changement n’avait pas une
conviction d’un avenir meilleur pour le continent Africain. En analysant de près l’idée du Colonel Mouammar Kadhafi sur la création
de l‘Unité Africaine, n’avait rien à avoir avec l’Union des États en partenariat. L’Unité n’a rien à avoir avec l’Union. C’est dans
l’unité qu’on formera les unions; Une fois l’unité est constituée, c’est la force unique de préserver notre souveraineté Africaine
et de maintenir le cap vers le progrès. Donc l’idée originale du Colonel Kadhafi était dans la continuité de l’OUA et faire des amendements
appropriés pour solidifier l’Unité Africaine, dont nous tous devons parler un même langage comme c’est le cas avec les États-Unis
d’Amérique. Cette idée noble a été pensée par les pères de Panafricanisme et, nous devons tous la soutenir et développer de nouvelles
hypothèses pouvant mieux argumenter et défendre cette idée noble pour le développement durable, qualificatif qui ne cesse de sortir
des lèvres de nos chers leaders Africains.
L’union Africaine favorise plus le partenariat économique Africain que l’unité de l’Afrique.
Par
cette résolution, les gouvernements africains s'engagent à amasser plus rapidement des fonds sur le continent grâce à l'amélioration
des systèmes fiscaux, à une meilleure efficacité et à des taux plus favorables aux investissements et à l'épargne nationaux. En même
temps, l'Initiative propose la création "d'un nouveau type de partenariat entre l'Afrique et la communauté internationale, en particulier
les pays industrialisés, pour combler le précipice qui s'est approfondi en matière de développement au cours de siècles de rapports
inégaux".
De nombreux Chefs d'État africains plaident en faveur d'un allégement de la dette plus rationnel, un accroissement d’aide
au développement, des investissements étrangers plus importants, et une ouverture plus large des marchés du Nord aux exportations
du continent. A la session consacrée à l'Afrique en juillet, le Conseil économique et social de l'ONU a entendu James Wolfensohn,
Président de la Banque Mondiale agréer la nouvelle Initiative africaine comme un événement "d'une extraordinaire importance pour chaque
habitant de la planète". M. Wolfensohn a par ailleurs promis que la Banque apporterait son affluence aux programmes qui sont "élaborés
sur place et appliqués sur place. Nous reconnaissons que les modèles de développement imposés de Washington, Londres ou Genève ne
marchent pas sur le terrain", a-t-il ajouté. M. Wolfensohn a également précisé que, tout en continuant d'attacher des conditions à
ses prêts, la Banque s'efforcerait de "simplifier les procédures d'attribution". En outre, l'institution financière participera davantage
aux efforts de développement et de consolidation de l'intégration régionale en Afrique, plutôt que de se concentrer presque entièrement
sur les projets de développement nationaux, comme par le passé.
Depuis la création de l’Union Africaine, malgré la priorité imposée
sur le partenariat économique avec le Nord, le continent Africain n’a pas avancé d’un seul pas vers la porte du bonheur. La clé de
l’économie Africaine est toujours entre les mains de nos ex-colonisateurs. Un partenariat toujours de perdant-gagnant qui s’accentue
d’année en année. Le Président de la Banque Mondiale souligne très bien que; les modèles de développement imposés par Washington,
Londres ou Genève ne fonction pas chez vous. Ainsi, il nous tend la main pour leur présenter un nouveau modèle de développement inventé
par l’Union Africaine. En demandant l’allègement de la dette, cela signifie que l’Afrique a des solutions des relances économiques
bien structurées et sur mesure qui conviennent au développement sur le terrain. Malheureusement ce n’est pas le cas. Cela explique
encore une fois de plus notre dépendance et faiblesse vis-à-vis dans le rapport de force Nord-Sud du point de vu Africain n’a point
évolué. Nous risquons de rester dépendant du Nord pendant encore des siècles. Le partenariat priorisé par l’Union Africaine avec les
pays du Nord n’a aucun avantage pour le moment pour le futur de la jeunesse Africaine. Les leaders Africains doivent repenser en définitif
quelle forme de fédération opter pour le développement durable de notre cher continent Africain.
Aider l'Afrique n'est pas de la charité
La
semaine suivant le Sommet de Lusaka, une délégation de dirigeants africains dirigée par le Président Abdoulaye Wade du Sénégal a glorifié
les mérites de l'Initiative devant le Sommet annuel des huit pays industrialisés qui s'est tenu à Gênes, en Italie. "Pour la première
fois dans le cadre du G8, la question de l'Afrique a été sérieusement abordée", avait souligné le Président français Jacques Chirac.
Le Premier ministre du Royaume-Uni, Tony Blair, a demandé aux bailleurs de fonds de lancer "une sorte de Plan Marshall" pour l'Afrique,
faisant ainsi référence aux injections importantes de capitaux qui ont contribué à la reconstruction de l'Europe après la deuxième
guerre mondiale.
M. Guy Verhofstadt, Président intérimaire de l'Union européenne, a quant à lui constaté "qu'il y a une volonté politique
de la part des [pays] riches de participer en partenariat à des actions sur le continent. Cela n'était pas le cas jusqu'à présent.
Au bout de trois jours de discussions, tout le monde, y compris le Président américain George Bush, était conscient du gouffre qui
dissocie le Nord et le Sud, les riches du G8 et l'Afrique".
Le G8 a accueilli la nouvelle Initiative africaine comme un point de départ
prometteur d'un partenariat plus étroit. Les huit pays industrialisés ont également adopté "le Plan de Gênes pour l'Afrique", qui
souligne les domaines intéressant particulièrement les pays industrialisés, comme la promotion des investissements privés, l'expansion
du commerce en Afrique et à l'extérieur du continent, l'amélioration des systèmes de santé publique, la lutte contre la faim, la gestion
solide des entreprises, l'introduction des nouvelles technologies, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance et la prévention
des conflits. Le Premier ministre Jean Chrétien, qui accueillera le prochain Sommet du G8 au Canada, a promis que l'Afrique en serait
le principal sujet. "Aider l'Afrique n'est pas de la charité, mais un investissement", a-t-il affirmé.
Les membres du G8 se proposent
de préparer des projets de partenariat plus concrets en prévision du Sommet de l'an prochain. Parallèlement, ils ont l'intention d'engager
un dialogue continu avec un comité de 15 membres composé de Chefs d'États africains. Le comité, dirigé par le Président nigérian Olusegun
Obasanjo, devrait formuler des programmes précis qui seraient appliqués dans le cadre de la nouvelle Initiative africaine, également
en vue du Sommet du G8 de 2002.
Les G8 ne pouvaient qu’accueillir à bras ouvert le partenariat entre l’Afrique et cette Organisation
solidement préparé. L’Afrique place toujours la charrue devant les bœufs. Une délégation Africaine devant les G8, quel est le rapport
? Les Africains vont chercher un partenariat avec une organisation économique supranationale, qui se réunit pour solidifier leurs
relations et coopérations économiques et non pour soulager les maux des pays du Sud ! Les G8 est une nouvelle organisation qui, ni
dans leur constitution et dans leur budget le projet de l’aide de l’Afrique n’y figure. L’Afrique est considérée comme des comptoirs
commerciaux et leur projet en Afrique n’a rien de commun à ce que nos dirigeants Africains pensent. Une délégation Africaine en position
de courbature pour demander de l’aide, imaginez quelle humiliation pour l’Afrique !
Avec toutes les ressources minières, pétrolières,
forestières, etc., nous devons nous présenter en position de valet. À quand nous comprendrons cela ? «Aider l'Afrique n'est pas de
la charité». Quelqu’un qui demande de l’aide est toujours en position de détresse. L’aide n’est pas synonyme de partenariat
dans toutes ses formes. Le partenariat prôné par l’Union Africaine n’a point de sens.
Définition du Partenariat :
Le partenariat se définit comme une communauté active de différents intervenants qui, tout en maintenant leur autonomie, acceptent
de mettre en commun leurs efforts en vue de réaliser un objectif commun relié à un problème ou à un besoin clairement identifié dans
lequel, en vertu de leur mission respective, ils ont un intérêt, une responsabilité, une motivation, voire une obligation. Le partenariat
s'envisage souvent dans le cadre d'alliances. Les alliances avec les partenaires stratégiques peuvent donner lieu à des accords
de coopération technologique, industrielle, ou commerciale.
Les alliances peuvent concerner les implantations à l'étranger exigeant
un partenariat local, le partage de risques avec un concurrent national du même secteur, ou les partenariats durables dans les domaines
de la sous-traitance, de la fourniture, des prestations de services.
Selon cette définition, rien n’identifie ni ne souligne un rapport
imminent avec le terme de l’aide.
Peser le pour et le contre
Comme les remarques de M. Wade le laissent entendre, les promoteurs de
la nouvelle Initiative africaine sont particulièrement conscients du fait que, quel que soit l'appui qu'ils reçoivent sur le plan
international, il leur faudra avant tout gagner le ferme soutien des peuples de l'Afrique s'ils entendent réussir dans leur entreprise.
Depuis
l'annonce cette année du Programme du millénaire et du Plan Oméga, qui ont été ensuite intégrés dans l'Initiative, décideurs, universitaires,
agents du développement, commentateurs de la presse, syndicalistes, responsables de la société civile et bien d'autres ont débattu
des mérites et des faiblesses du projet. De nombreuses voix ont exprimé l'espoir prudent que l'Initiative représenterait effectivement
un nouveau départ pour le continent. S'il est possible de parvenir à la paix et la stabilité politique et si les pays industrialisés
tiennent leurs promesses, l'Initiative "devrait offrir à l'Afrique les moyens de s'affirmer dans les sphères centrales des affaires
économiques, politiques et culturelles du monde", a déclaré Kuseni Dlamini, chercheur adjoint à l'Institut sud-africain des affaires
internationales.
D'autres groupes, toutefois, se montrent plus circonspects. Ils s'inquiètent de l'impact négatif que la mondialisation
pourrait avoir en Afrique et doutent de la fermeté de l'engagement politique des dirigeants africains face à leur propre plan. L'Initiative
"constitue le bon choix au bon moment", estime un commentateur du quotidien gambien Independent. Le journal craint toutefois le manque
d'enthousiasme d'éventuels investisseurs étrangers pour un continent "où il y a tant de troubles et d'anarchie" et doute que la nouvelle
Union africaine se montre plus efficace que l'OUA.
Priorité à l'intégration régionale
Le professeur Moustapha Kasse, doyen d'économie
à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), a fait valoir que d'autres programmes de développement économique proposés précédemment
par l'OUA, comme le Plan d'action de Lagos de 1980, ont échoué pour diverses raisons et pas seulement à cause des carences des gouvernements
africains. Il a notamment cité la détérioration de l'environnement économique sur le plan international, le manque de soutien des
pays donateurs (qui privilégiaient les politiques d'ajustement structurel), la sécheresse, le déclenchement de guerres civiles et
la tendance de chaque pays africain à défendre ses intérêts à court terme, plutôt que de proposer une vision globale pour l'ensemble
du continent.
M. Kasse estime que l'approche prônée par l'Initiative africaine tient compte de certaines leçons tirées des échecs passés.
C'est ainsi que le plan reconnaît que la croissance et le développement économiques ne sont pas seulement influencés par des facteurs
financiers et de production, mais aussi par des facteurs politiques et sociaux. D'où la place accordée par l'Initiative à la paix,
la bonne gouvernance et la promotion de la femme. Plus important encore est l'accent mis sur les différentes façons de multiplier
les échanges commerciaux, les réseaux de transport et les projets d'investissements entre pays africains. Une plus grande intégration
régionale permettrait d'élargir les marchés locaux et de faciliter ainsi la réalisation d'économies d'échelle, l'obtention de capitaux
indispensables à la création d'infrastructures et la répartition optimale des ressources, d'après M. Kasse.
Pour sa part, K.Y. Amoako,
Secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique, estime qu'une accélération de l'intégration régionale "est
de nature à faciliter le partage des risques entre des économies qui sont par ailleurs vulnérables et à permettre au continent d'exploiter
ses complémentarités et d'attirer les capitaux nécessaires à une croissance et un développement durables en Afrique". Une telle intégration
devrait à son tour "permettre à notre continent d'accéder au marché de la concurrence internationale", dit-il.
Toutefois, l'intégration
économique de l'Afrique ne se fera pas du jour au lendemain. Tito Mboweni, élu à la mi-août Président de l'Association des gouverneurs
des banques centrales de l'Afrique, estime qu'il faudra une vingtaine d'années pour que l'Afrique soit prête pour une monnaie unique
et une banque centrale à l'échelle continentale. Il a fallu plus de 30 ans à l'Europe pour établir une monnaie unique, mais "avec
des programmes cohérents et une bonne organisation, ces objectifs sont réalisables", prédit-il.
Le Ministre sud-africain des affaires
étrangères, Nkosazana Zuma, estime qu'il faudrait consolider dès maintenant les associations régionales du continent, comme la Communauté
pour le développement de l'Afrique australe et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, afin de pouvoir procéder
à l'intégration économique du continent. "Si les blocs régionaux sont faibles, alors l'intégration économique du continent sera faible",
dit-il.
S'agissant du commerce, le Président Obasanjo du Nigéria recommande que les pays africains accordent plus d'attention à la
"redéfinition des liens commerciaux" qui les relient. C'est ainsi qu'en Afrique de l'Ouest, la libéralisation du commerce régional
a d'ores et déjà permis d'enregistrer un accroissement sensible du volume des échanges entre pays voisins depuis 10 ans, note-il.
De plus, il faudra que les Africains coordonnent davantage leurs positions sur les grands dossiers commerciaux pour mieux se faire
entendre dans les négociations internationales sur ces questions, estime le Président nigérian.
La formation de la fédération
Africaine (États-Unis d’Afrique)
Lors de la dernière réunion à Abuja (Nigéria) tenue les 22 et 23 mai 2008, le ministre des affaires
étrangères Sénégalais a compris les enjeux sur la question pertinente de l’Unité Africaine dont les États-Unis d’Afrique. Monsieur
Cheik Tidiane Gadio souligne l’importance de ce sujet qui a fait le consensus au cours de la réunion.
À la clôture de ce débat
à propos de oui ou non d’opter pour une fédération Africaine formant un gouvernement continental, sur une feuille de route vers les
États unis d’Afrique; Formulant à l’occasion de la commémoration de la Journée de l’Afrique, organisée par le groupe des Ambassadeurs
arables, accrédités à Dakar, monsieur Cheikh Tidiane a commenté qu’un consensus a été trouvé sur cette question lors de la réunion
d’Abuja (Nigeria) où il a pris part les 22 et 23 mai 2008. ‘La question est réglée. Le débat sur la question de mettre en place les
États unis d’Afrique n’est plus à l’ordre jour. L’unité africaine est en marche. Un consensus a été trouvé sur cette question’, a-t-il
déclaré.
Parlant de l’abandon de la souveraineté des États, le diplomate sénégalais a soutenu que cela ne pose pas un problème
au Sénégal. ‘Nous sommes prêts à un abandon partiel ou total de notre souveraineté pour construire les États unis d’Afrique’, dit-il,
tout en s’appuyant sur la Constitution sénégalaise qui prévoit ce sacrifice. S’agissant des autres États qui tiennent à leur souveraineté,
Gadio rassure. ‘Nous allons former un gouvernement continental où les États garderont leur indépendance et leur souveraineté pour
mettre tout le monde à l’aise’, souligne-t-il.
Selon lui, cette construction se fera graduellement, c’est-à-dire étape par étape,
et un consensus a été également trouvé dans ce sens. Mais la grande interrogation qu’il se pose, c’est de savoir comment et quand
l’unité continentale se fera. ‘Maintenant, la question qui se pose est de mettre en place une feuille de route et un calendrier pour
son exécution’, préconise-t-il. Le ministre a, en outre, évoqué d’autres préoccupations comme la rationalisation des unions douanières,
l’audit de la commission de l’Union africaine, les domaines de compétence, les nouvelles sources de financement, etc.
La
Libye, une Communauté Africaine distincte et solide.
La pratique de la démocratie directe
Afrogouvernance - Par Gustave Botela lipo - 25 mai 20028.
De cette brève incursion dans l’histoire de la démocratie directe nous concluons que le contexte historique, les traditions
nationales dont la Jamahiriya, les courants idéologiques par le livre vert d’un pays comme la Libye, déterminent la reconnaissance
et l’utilisation des outils de démocratie directe.
Par conséquent, du point de vue de la gouvernance il est très difficile d’énoncer
une généralisation et de faire une comparaison entre d’autres pays au monde concernant l’établissement et la pratique de la démocratie
directe. La gouvernance en Libye se veut moderniser une voie nouvelle qui tend vers une démocratie réelle, celle pratiquée depuis
la nuit des temps par nos ancêtres Africains connue sous la démocratie de consensus.
À ce troisième millénaire d’où la majorité des
dirigeants Africains sont devenus les agents comptables et de marketing de la communauté internationale, violent les Constitutions
de leurs pays pour servir leurs patrons de la communauté internationale, hypothèquent les richesses du pays au vu des populations
et ainsi la pauvreté rongent au jour le jour les habitants du Continent Africain qui sont devenues les plus malheureux de la planète
terre, malgré le potentiel des ressources naturelles que de beau continent regorge.
La Libye un pays avant garde, a compris les coutumes
et les mœurs des pays européens en matière de la démocratie et a fait son choix pour la démocratie directe, la seule structure politique
qui puisse garantir l’état des droits, les droits humains et la vie sociale d’un peuple libre. L’analyse de tous ces facteurs dépassent
le cadre de ce texte.
Sans entrer dans l’analyse approfondie pour décrire les mécanismes et fonctions de procédés de démocratie directe
dans certains pays Occidentaux, particulièrement dans les États où la démocratie directe joue un rôle marquant, en l’occurrence la
Suisse, en tant que précurseur de ladite démocratie, la Confédération helvétique dispose de la plus grande variété d’institutions
et de la plus vaste expérience en la matière.
La Libye l’unique pays Africain qui se distingue des autres démocraties Africaines par
l’importance de ses institutions de démocratie directe. Véritables emblèmes de la souveraineté du peuple, le droit d’initiative marque
profondément le système politique Libyen. Ces droits populaires permettent au peuple de prendre directement position sur des projets
législatifs et constitutionnels. Toute la vie politique Libyenne évolue autour du consensus.
Le livre vert du guide de la Révolution,
décrit parfaitement l’initiative et les procédés que la vraie démocratie devrait être. Mouammar Kadhafi a démontré devant la face
du monde, qu’il n’était qu’un garant des biens publics. Il a distribué les bénéfices en provenance de ressource pétrolière, à toute
la population selon la catégorie de chacun. Un exemple parfait de la bonne gouvernance en Libye.
Cette initiative populaire est dans
la Constitution du pays et le Guide de la Révolution Libye le respecte à la lettre en sa qualité de garant de la population et de
ses biens. Dans le processus de l’initiative populaire, le guide écoute son peuple, c’est-à-dire que le peuple est consulté avant
que le gouvernement prend une décision quelconque. Les auteurs de l’initiative sont tenus de respecter l’unité de la matière. C’est-à-dire
que l’initiative ne peut proposer qu’une seule idée à la fois et ne porter que sur un seul sujet. Par exemple; «la répartition de
revenu national.» Le bureau du Guide et tous les représentants du peuple contrôlent souverainement le respect de l’unité formelle
et matérielle de toute l’initiative.
L’initiative populaire représente le droit, accordé à un comité permanent mis en place de proposer
des solutions nouvelles au peuple Libyen tout entier. Pour plus de clarté et pour éviter toute ambiguïté, nous admettons que la différence
avec une démocratie représentative réside dans l’importance accordée aux procédés de démocratie directe (en particulier au référendum
et à l’initiative populaire), ce qui signifie dans l’ampleur des moyens dont dispose le citoyen pour s’exprimer directement sur une
question de fond.
En définitive, les procédés de la démocratie directe et ceux de la démocratie représentative ne sont pas incompatibles.
Selon la situation du moment, la présence des procédés de la démocratie directe admet généralement que les compétences du peuple de
se prononcer sur certains sujets ne doivent pas dépendre de la volonté d’un autre organe de l’État, que ce soit du Parlement ou de
l’assemblée nationale (par exemple le cas du gouvernement du Québec avec l’accommodement raisonnable), du gouvernement ou du chef
de l’État. En d’autres termes, la Constitution doit permettre au peuple d’intervenir dans le domaine politique, sans qu’il soit obligé
de passer par les instances parlementaires ou gouvernementales.
Dans le système politique Libyen, c’est donc la présence dans la Constitution
d’institutions qui déterminent en définitive la nature de la démocratie directe.
En Europe, comme dans la majeure partie du monde,
la démocratie est devenue la seule forme d’État reconnue comme légitime. En revanche, l’agencement de la démocratie est sujet à controverse.
Généralement le débat gravite autour de la question de savoir quelles institutions réalisent le mieux les principes de la démocratie
et, en particulier, si la démocratie représentative doit être complétée par les institutions de démocratie directe.
Par la force de
légitimation, une décision prise par référendum par exemple, bénéficie du soutien de la majorité des citoyens et constitue l’expression
immédiate de la volonté populaire. Du point de vue des adeptes des institutions de la démocratie directe, une telle décision a donc
plus de légitimité qu’une mesure prise par une instance représentative. Ce qui ne veut pas dire qu’une décision à la majorité des
votants est plus sage ou plus prudente, mais simplement qu’elle a une force justificatrice plus grande. La légitimité d’un référendum
réside donc en ce qu’il exprime la volonté de la majorité.
Du reste, lorsqu’une démocratie représentative, ou tout autre régime politique
(semi-directe ou semi-représentative), a besoin d’un maximum de légitimité pour prendre une décision importante, par exemple pour
la ratification d’une Constitution ou pour l’adhésion à une organisation supranationale, elle a dans la plupart du temps recours au
référendum. Comme la procédure référendaire est plus lourde elle peut produire des décisions moins controversées, car mieux acceptées
par la population.
Par la légitimité qu’ils procurent, les procédés de démocratie directe peuvent ainsi également résoudre des conflits.
Enfin, moins dominés par les intérêts particuliers, ils sont plus aptes à promouvoir l’intérêt public.
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La
démocratie directe est présente, dans tous les systèmes démocratiques Occidentaux.
Afrogouvernance- Par Gustave Botela Lipo – 03 April
2008
Ces dernières décennies, plusieurs votes populaires ont eu lieu dans le monde. Soit dans le cadre d’intégration européenne, soit
pour l’adhésion à l’Union européen, soit pour accéder à l’indépendance du Québec, et aussi en Amérique du Sud pour devenir membre
des États-Unis d’Amérique, où devenir Président à vie.
Largement couverts par les médias, ces référendums ont éveillé presque partout
au monde de vives discussions et de nombreuses prises de position sur le rôle de la démocratie directe dans le processus de décision.
À
cette fin, les points de vue distincts sont indéfinis; pour certains, la démocratie directe embellit avec la démagogie, pour
d’autres, elle est la panacée de tous les problèmes politiques. La réalité est certainement à chercher le juste milieu entre ces deux
terminaux.
Comme nous pouvons le constater, et nous devons nous convenir que, l’approche sur la démocratie directe n’est pas aussi
facile qu’on peut juger. C’est un concept difficile dont les aspects et les interprétations sont diversifiés. Tout le monde, que ce
soient les historiens, chercheurs et scientifiques, juristes et politicologues, éprouvent toutes les difficultés à systématiser la
démocratie directe par une définition claire et transparente.
Généralement, la démocratie directe édifie un processus de décision qui
accorde à la population de formuler directement, à travers des assemblées ou des référendums, plutôt que par la voie de représentants.
Ainsi, l’intérêt pour cette forme de démocratie augmente ou diminue à la discrétion de la conjoncture politique. Une impression d’insatisfaction
envers les instances représentatives ou les partis politiques réveillera l’éloge de la démocratie directe et ranimera des appels pour
son renforcement.
Au contraire, un usage excessif ou un abus des mécanismes de démocratie directe dépréciera cette dernière et encouragera
les revendications visant à la contingenter.
Les deux archétypes de régime démocratique
À la base, on distingue deux archétypes de régime
démocratique.
- Lorsque le peuple prend directement les décisions politiques, on parle de démocratie
directe;
- Quand les citoyens transmettent le pouvoir de décision à des représentants, il s’agit
d’une démocratie représentative.
La démocratie directe
L’idéal de la démocratie est la démocratie directe. C’est un système politique
où les citoyens participent de manière libre et égale à l’exercice du pouvoir. Ils (citoyens) se réunissent en assemblée générale
et exprime sa volonté en adoptant à la majorité des voix toutes les lois, les résolutions et toutes les autres décisions de la communauté.
Selon
J.-J. Rousseau, un gouvernement aussi parfait conviendrait à un peuple de Dieux[1]. Or sur terre, le peuple est composé d’hommes et
de femmes mortels qui ne disposent pas des grâces divines de l’omniscience et de l’omnipotence. La pratique séculière de la démocratie
directe se heurte ainsi à des contraintes bien terrestres.
Le coût en temps et en argent qu’un tel processus de décision impliquerait
pour la communauté rend la participation du peuple à la totalité des décisions étatiques irréalisable, même dans un petit pays.
En
Afrique, le modèle qui se rapproche le plus de ce type de démocratie, est le régime d’assemblée pratiqué aujourd’hui dans la Grande
Jamahiriya arabe Libyenne socialiste et populaire de Mouammar Al-Kadhafi.
En Europe, à part la Suisse, la démocratie directe représente
un mythe inaccessible plutôt qu’un système applicable à des États modernes. Ainsi, lui oppose-t-on en général la démocratie représentative,
qui exprime d’une façon plus efficace la volonté du peuple.
Même si la majorité des États modernes dénigre le régime de la démocratie
directe, mais leur propre système politique ne peut pas se dissocier de la pratique du processus de ce régime idéal. Dans les parlements
en Europe et en Amérique, pendant les votes de confiances, les votes se font à main levée où le représentant se met simplement debout
pour approuver son accord. Et aussi, le caucus se tient en votant en main levée. Ainsi, cette manière qui est à l’origine de processus
de votes de la démocratie directe, semble être de plus en plus populaire dans les assemblées parlementaires et autres, qui pourtant
n’approuvent pas le modèle du type de la démocratie antique.
La démocratie représentative
Dans cette forme de la démocratie, le peuple
se limite à élire périodiquement des représentants. Les élus sont rassemblés en Parlement où Congrès et exercent le pouvoir législatif,
à savoir discutent et votent des lois, le budget, etc. Les citoyens les plus dignes et plus capables sont les députés où sénateurs,
qui sont reconnus et ceux à eux seuls qu’il incombe la responsabilité d’exprimer la volonté de la nation.
Dans ce régime, le peuple
n’intervient donc pas dans le processus de décision durant la période de législature. On reproche le plus souvent à ce genre de démocratie
qui consiste à dire que les idées et les préférences des citoyens exprimées à travers les représentants risquent d’être déformées.
La volonté des citoyens est souvent mal interprétée, détournée ou même corrompue par les intentions des représentants. En plus, ce
genre de régime ne permet pas une prise de décision politique véritablement démocratique, puisque tous les citoyens ne peuvent pas
participer de façon pleine et entière au processus de prise de décision politique.
La version la plus proche de cette forme de démocratie
est pratiquée aujourd’hui au Royaume-Unis, et aussi en Allemagne, en Belgique et les Pays-Bas qui peuvent-être considérés comme des
régimes très proches du système représentatif pur.
Toutefois, le Royaume de Belgique et même le régime de Westminister ont eu recours
à la démocratie directe, puisqu’ils ont organisé chacun une consultation populaire au niveau national. Les Pays-Bas aussi ont également
procédé à des votes populaires à l’échelle régionale. Par ailleurs, la Constitution Allemande mentionne un élément de démocratie directe,
en prévoyant un référendum au niveau des Länder, en cas de transfert de territoires. Le Canda n’échappe pas à la règle car, à deux
reprises les référendums pour la souveraineté ont lieu dans la province du Québec. Force est donc d’admettre qu’au même titre que
la démocratie directe, le concept de démocratie purement représentative évoque plutôt un idéal théorique qu’une réalité empirique.
Pour
qu’un régime soit désigné comme représentatif, nous devons admettre qu’il ne doit pas avoir tenu plus d’un scrutin sous la Constitution
en vigueur et que cette dernière ne doit pas prévoir le référendum au niveau national.
Vu les exemples cités, nous voyons que dans
la pratique, une démocratie n’est jamais purement représentative ni purement directe. Quand même certains États sont relativement
proches de l’une des deux formes idéales de démocratie (comme la Grande Jamahiriya arabe Libyenne en Afrique et les cantons suisses
à Landsgemeinde ou le régime parlementaire britannique), ils utilisent cependant dans leurs processus de décision des éléments de
l’autre système, selon les circonstances du moment.
Les deux formes démocratiques ne s’excluent pas mutuellement et ne s’opposent pas.
Bien au contraire, au sein d’un même système politique, elles peuvent cohabiter, interagir et se compléter. Dans la plupart des pays
de l’ouest-européens et en Amérique connaissent-ils des régimes «mixtes» qui combinent les éléments des deux modèles démocratiques
de base.
Pour schématiser, on peut répartir ces régimes démocratiques mixtes en deux catégories.
- Les
démocraties semi-directes;
- Les démocraties semi-représentatives.
L’avantage de ces régimes agrée
en ce qu’ils simplifient les inconvénients des systèmes démocratiques purs. La démocratie semi-directe est plus applicable que sa
version directe. Quant à la démocratie semi-représentative, elle est plus véritablement démocratique qu’un système purement représentatif,
puisque les compétences des citoyens anticipent la seule capacité d’élire leurs représentants.
La démocratie semi-directe
Cette forme
de démocratie combine les éléments de deux démocratie de base, qui sont; la démocratie représentative et la démocratie directe, en
empruntant plus des traits sur cette dernière. Dans ce système, le peuple n’élit pas seulement les députés. Ils interviennent aussi
directement dans les affaires publiques par le biais des institutions de démocratie directe que sont l’initiative populaire et le
référendum.
Ces institutions constituent un compromis entre les contraintes posées par la taille d’un État moderne (qui rend impossible
la tenue d’assemblées populaires) et l’exigence d’une participation directe des citoyens à la prise de décision. De cette manière,
les citoyens expriment leur souveraineté sans entremise, en votant sur certains problèmes politiques qui peuvent leur être soumis
soit par les autorités étatiques, soit par une fraction du corps électoral. Sans pour autant se prononcer sur toutes les lois et les
décisions, les citoyens disposent d’une compétence assez large en matière législative et constitutionnelle.
L’essentiel du pouvoir
législatif reste néanmoins entre les mains du Parlement. Le meilleur exemple de ce genre de régime démocratique est le système
politique Suisse. Mais le Danemark, l’Irlande, l’Italie, la principauté du Liechtenstein et la Canada peuvent également être considérés
comme des démocraties semi-directes.
La démocratie semi-représentative
La démocratie semi-représentative est en premier lieu constituée,
de mécanismes empruntés à la démocratie représentative. Mais parfois fait appel à des préceptes de démocratie directe. Elle se distingue
de la démocratie représentative pure, par l’importance de la participation du peuple. Dans certains pays qui pratiquent la démocratie
semi-représentative, les citoyens n’élisent pas seulement le Parlement, mais encore interviennent dans la désignation du gouvernement
ou du chef de l’État. Par des votations fréquentes les électeurs maintiennent également un certain contrôle sur les élus. De plus,
ce régime connaît parfois des procédés de démocratie directe telle que le référendum. Leur utilisation est toutefois relativement
rare, mais permet au peuple de se prononcer de temps en temps sur des questions particulièrement importantes. En Europe, l’Autriche,
l’Espagne, la Finlande, la France, le Portugal et la Suède peuvent être classés dans cette catégorie à des degrés divers. En
Amérique, c’est aux États-Unis d’Amérique qu’on peut trouver cette catégorie des démocraties semi-représentatives.
À suivre…
[1] J.-J. Rousseau, Du Contrat social, 1762, livre III, chap. IV.
Afrogouvernance – Par Gustave Botela Lipo – 25 janvier 2008. (Suite 2)
La Liberté
Les principes fondamentaux de la démocratie contemporaine sont équivoques parce que certains
des concepts qu’ils explicitent ou qu’ils associent sont eux-mêmes confus et souvent contestables au point d’en arriver, dans certains
cas, à être intrinsèquement contradictoires.
Il est temps d’en faire faire une critique constructive, en reprenant, point par point,
les différents thèmes qui composent le type idéal de cette démocratie telle qu’elle est actuellement effectivement pratiquée et mise
à l’épreuve dans notre histoire vécue.
La source première et sans doute primordiale des variations et des déviations de la pratique
démocratique actuelle se situe à coup sûr dans la confusion intrinsèque propre à la valeur de liberté ou à la valeur d’égalité et
dans la difficile compatibilité de leur coexistence.
1- L’équivoque liberté
Pour éclairer les divers sens et
les diverses fonctions de la liberté dans les démocraties contemporaines, on ne peut éviter de parler du concept de la liberté en
tant que telle.
La liberté naturelle, c’est-à-dire la liberté qui fait la nature même de l’homme et sa différence, est constituée,
pour chaque homme, par l’ensemble des pouvoirs dont il est capable de disposer, en fonction de ses capacités naturelles physiques,
affectives, intellectuelles et morales dans une situation historique donnée.
Il s’agit là non seulement d’affirmations prématurées,
mais d’une méconnaissance philosophique totale de signification de la liberté ou de l’esprit ainsi que de la discontinuité, de la
rupture irréductibles qui existent entre l’ordre de la nature et l’ordre de l’esprit, qui est liberté, conscience et du sens métaphysique
que cet ordre implique.
La liberté consiste, dans sa pleine portée métaphysique, non seulement dans un pouvoir d’indétermination, de
rupture avec le donné quel qu’il soit, mais dans un pouvoir de dépassement de tout donné, dans une transcendance en acte. Le caractère
non déterminable, non prévisible des œuvres et des actions des hommes, dans la mesure où il se manifeste dans la création des histoires
des hommes, en est l’incontestable preuve. C’est particulièrement évident dans la création des œuvres d’art. Parce qu’il est libre,
l’homme n’est pas un être naturel, il est un être culturel. Il n’est pas un donné, il se fait, en partie; il est, pour le plus significatif,
pour l’essentiel, sa propre œuvre.
L’idée judéo-chrétienne du péché originel en est l’illustration, puisqu’elle fait de la liberté
un pouvoir de déviation, de rupture, et de la liberté un principe d’imperfection, mais, tout aussi bien un principe de perfectibilité
(en terme théologiques, le principe d’un possible salut). L’humaine capacité de création est donc capable du pire comme du malheur.
Selon cette hypothèse, c’est parce qu’il est libre que l’homme est imparfait, naturellement inadapté à la nature et qu’il soit un
être social. Comme le disait déjà Kant : «La nature de l’homme consiste à faire librement sa nature.» Mais il disait d’autre
part : parce qu’il est libre, l’homme a besoin de maîtres.
Il appartient, en effet et tout particulièrement à une philosophie
qui se veut profondément libérale, de dénoncer un préjugé aussi répandu qu’il est vicieux, et ce n’est pas peu dire, un préjugé qui
prétend que tous les usages de la liberté sont légitimes précisément parce qu’ils sont l’expression de la liberté. Autrement dit :
tout ce qui est la manifestation de la liberté est bon, est bien.
Rousseau n’avait-il pas proclamé la bonté originelle de l’homme,
son innocence? Même s’il s’agissait d’une conception illusoire, c’était une anthropologie plausible, fondée sur le postulat de la
bonne volonté universelle initiale, mais fragile et corruptible. L’idéologie de la bonne volonté, même si elle songe à se référer
à soit disant l’école de Rousseau, est une autre chose. Ce n’est même pas une idéologie «libertaire», car celle-ci prétend défendre
les libertés individuelles, fragiles et précaires, contre les abus de l’exercice de l’autorité, qu’il s’agisse de l’autorité des autres
ou de celle des institutions.
L’idéologie libertaire trouverait son accomplissement dans une société radicalement anarchique. L’idéologie
vicieuse qui tient la liberté pour une valeur absolue, qui croit à la «liberté absolue», c’est l’idéologie de la liberté sans limites,
sans réserves, sans lois ni obligations, la liberté du «tout faire, tout est permis».C’est l’ouverture à la violence, à la guerre
de chacun conter chacun, qui entraîne la ruine de toute relation sociale, la dissolution de toute coexistence sociale et politique.
Hegel nous avait prévenu : «die absolute Frreiheit entraîne das Schrecken» : qui se traduit par : «la liberté absolue
engendre la terreur».
Déclaration des droits de l’homme
Peut-être faut-il invoquer ici la prestigieuse Déclaration des droits de l’homme
et du citoyen, mais montrer aussi dès maintenant que cette Déclaration donne souvent lieu à des interprétations idéologiques perverses.
Et pour plusieurs raisons, dans différentes directions.
Bien sûr, il ne s’agit pas de mettre en doute ou en question l’éminente valeur
de l’homme en tant qu’être doué de liberté, de réflexion raisonnable, de parole aussi. Cette éminente valeur a été élevée au statut
de dignité dans la culture judéo-chrétienne de l’Occident et a trouvé son expression contemporaine dans les Déclarations des droits
de l’homme de la fin du XVIIIème siècle, à la Française et à l’Américaine.
Mais, sous l’emprise du naturalisme ambiant à l’époque,
les Constituants ont présenté la constellation des valeurs humaines comme ensemble de droits. Ils auraient dû, à partir de l’affirmation
de ces valeurs, présenter non pas une Déclaration, mais plutôt une «Revendication» des droits. Car les Droits n’ont d’existence, de
signification et de garantie que s’ils sont institués dans une communauté politique et seulement par elle. Il n’existe pas de droits
hors d’une communauté politique, d’État.
D’où une seconde perversion : il n’y a pas de droits de l’homme dans l’État, l’homme n’étant
pas un concept juridique, mais une valeur morale, il n’y a pas que les citoyens qui puissent avoir des droits, car lis sont seuls
sujets de droit.
Mais il s’ensuit une conséquence plus grave encore : Point n’est besoin d’en appeler aux Déclarations des droits
de l’homme qui sont des proclamations idéologiques, dont les postulats requièrent bien autre chose qu’une réflexion raisonnable sur
la coexistence et la collaboration pacifique de libres citoyens et qui, ne vont même pas sans contradictions ni confusions. Cependant,
on peut et on doit constater qu’il est raisonnable, (raisonnable, mais ni nécessaire, ni obligatoire ni même rationnel, car cette
rationalité dépend du but poursuivi) que celui qui met en pratique sa propre liberté respect l’autre et l’usage que fait celui-ci
de sa propre liberté. On l’a souvent dit : «La liberté de l’un s’arrête, ou mieux doit s’arrêter là où commence la liberté de
l’autre». C’est ce principe de raisonnable réciprocité qui s’exprime sous la forme du principe essentiel de ce que l’on appelle, bien
à tort, le «droit naturel» (le seul droit conforme à ce qui est naturel en l’homme, ses capacités naturelles, c’est le droit du plus
fort, du plus rusé, qui bien évidemment n’est pas un droit). Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fît : cetalteri
ne feceris, quod tibi fieri non vis, c’est le principe minimal d’une morale de la coexistence pacifique qui, pour être essentielles,
n’est pas spontanée, mais raisonnablement réfléchie et artificiellement construite comme un fait de culture.
À suivre…
Afrogouvernance
– par Gustave Botela Lipo – 17 janvier 2008.- [réagir].
Pour extraire le naturel concept de démocratie de la boueuse langue de bois, il
faut en former le type idéal à partir des postulats fondamentaux que ce concept implique.
Il faudra même s’y prendre à deux reprises,
car la démocratie directe implique un archétype idéal bien distinct de celui que requiert la démocratie indirect et représentative.
Sans calculer que du même coup, les mentalités et les mœurs sont en constante mutation et évoluent profondément.
Agencer le caractère
théorique de la démocratie antique ou de la démocratie contemporaine, cela ne consiste à faire ni une histoire des doctrines, ni,
moins encore, une histoire des idées. Il s’agit seulement de mettre en évidence, avec le repli du philosophe et du temps, des thèmes
essentiels au concept de démocratie, même s’ils n’ont pas toujours été nettement explicités ou même clairement pris en conscience
par les penseurs et les acteurs de cette démocratie.
Ainsi pourrons-nous agencer une application philosophique claire et explicite
de notion de démocratie. Une fois cet équivoque effort strictement théorique accompli, il nous sera alors possible d’en faire une
critique constructive, et d’en déduire successivement leurs conditions de mise en pratique ainsi que les conséquences qui en découlent
aussi bien pour le premier, que pour le second de ces archétypes théoriques. Ainsi, ce rapport de la théorie à la pratique s’avère
de grande importance pour notre analyse.
La première remarque des Grecs, dans la classification qu’ils ont
établie, n’ont pas hésité à parler du gouvernement d’un seul ou de gouvernement de plusieurs, de monarchie ou d’oligarchie, mais qu’ils
ont préféré nommer démocratie, le pouvoir exercé par le peuple, par l’ensemble des citoyens, tant il est difficile de concevoir le
grand nombre, l’ensemble du peuple peut gouverner, commander, guider, conduire, même dans une cité à la population limitée.
Ainsi,
essayons de dégager les postulats requis par l’existence d’une démocratie où le pouvoir réside immédiatement, directement, entre les
mains de l’ensemble des citoyens.
Les Grecs ont le sentiment de vivre dans une cité qui forme naturellement un tout,
un tout antérieur à chacun des éléments qui le composent, familles, individus. Elle seule forme un tout autarcique, capable de se
suffire à lui-même, dont les citoyens ne peuvent exister qu’en tant que parties de tout. Le bien de tout est naturellement un bien
commun. En tant que tel, il implique et assure le bien de chacun des membres. C’est pourquoi il est de la nature de la cité d’être
indépendante. Il est donc naturel qu’elle seule soit capable d’autonomie, c’est un tout dont le propre est de se gouverner lui-même.
En déduction, il appartient à l’ensemble des citoyens de se gouverner lui-même. Donc, l’imagination du peuple, non pas le
petit peuple, la foule ou les indigents, ou les étrangers, mais cet ensemble de citoyens réuni en assemblée, va délibérer, décider,
agir, chaque fois que cela sera nécessaire, pour définir et assure le bien commun, le bien être de la cité. Décisions permanents,
conceptrices des lois, décisions de circonstances, constructrices de jurisprudence, amènent l’ordre dans la cité, c’est-à-dire la
justice. Ainsi, le peuple est à la fois le législateur et l’exécuteur de la politique dans la cité.
Dans notre étude actuelle, nous demeurons constants à notre formule de l’établissement du type idéal de la démocratie
contemporaine à partir de ses réalisations effectives. Sous l’égide de l’étymologie du mot démocratie, ce sont les thèmes de la théorie
antique qui sont repris, mais il leur est emprunté des sens très différents et nouveaux.
La notion de cité fondée sur
la nature humaine, d’état accompli, achevé, parfait, d’une communauté politique, se trouve substituée celle d’État. Or, l’État moderne
est une communauté politique essentiellement artificielle, comme toute communauté politique, et à un double titre. D’abord, parce
qu’il trouve toujours son origine dans une contrainte violente et intentionnelle exercée par un homme ou par un groupe d’hommes; l’État
est une œuvre.
En second lieu, parce que son institution, spécifique de la culture Occidentale, résulte à travers une histoire plus
ou moins longue, de l’élaboration d’un commun consentement à certaines formes de répartition et d’exercice des pouvoirs politiques,
selon un ordre admis comme juste et entériné par des coutumes qui d’ordinaire prennent d’une façon ou d’une autre une forme écrite.
Un
état viable, un État en bonne santé, est fondé sur un consensus de l’opinion publique, sur un consensus qui se présente comme l’assentiment
de tous, en tout cas, du très grand nombre.
Dans ce régime fondé en principe sur l’opinion de tous, la force publique devient la force
de tous. La volonté de tous, qu’on appelle volonté générale ou non, devient volonté souveraine. C’est la formulation moderne
du premier postulat de la démocratie. Qu’il leur soit ou non donné raison, les philosophes du contrat social vont laisser une empreinte
indéniable sur la conception des États démocratiques.
Cette empreinte se marque par le fait qu’ils sont réglés de moins en moins par
des lois fondamentales coutumières, de plus en plus par des constitutions écrites.
On sait que Rousseau donne une originalité, une validité spéciale à la «volonté générale», qui est toujours droite, qui ne peut errer. Il l’oppose à la «volonté de tous» qui n’est qu’une somme arithmétique, qui n’est pas nécessairement unanime, de l’ensemble des volontés des citoyens. On pourrait interpréter, sans doute avec un autre auteur (Kant), cette idée de volonté générale, en faisant d’elle, du fait de son critère de généralité, d’universalité, l’expression de la raison. Mais elle est préalable à l’établissement de tout régime politique. On n’en peut donc pas tirer, chez Rousseau, une justification du régime démocratique. Un autre philosophe (Hegel) ira plus loin, mais au-delà de tout régime démocratique, en traitant de la volonté universelle, comme volonté du tout, la volonté de l’État, raison et liberté en acte.
Le caractère artificiel et de plus en plus explicitement conventionnel des États modernes, la conception de l’individu,
membre de la communauté politique, comme un être capable de conscience réfléchie et raisonnable, ce qui est une autre manière de dire
qu’il est capable de liberté. L’individu humain est libre, non pas en tant que citoyen d’une cité autonome, comme chez les Anciens,
mais d’abord en tant qu’homme et comme individu métaphysique en tant que tel.
La liberté n’est pas seulement l’essence de l’homme
en tant que telle. Elle est un devoir qui lui est immanent. L’État moderne a pour tâche première de reconnaître et de garantir, sous
la forme de droits, les modes d’expression de cette liberté compatibles avec la vie en commun, avec la coexistence d’hommes libres,
dont le premier devoir, pour chacun, consiste à respecter dans les autres, les pratiques d’une liberté dont requiert le respect pour
lui-même.
La liberté, principe immédiat de déviation, de différence, de discorde, principe d’originalité spécifiquement humain, doit
être maîtrisée, dans l’État, non seulement par un bon vouloir raisonnable en chacun, mais par la volonté publique de l’État.
C’est
le propre de la démocratie moderne et de sa naturelle fragilité, de son irréductible imperfection. L’homme est à la fois un être premier,
original et irréductible en vertu de sa liberté, principe d’imperfection autant que principe de perfectibilité.
L’ensemble
des citoyens constitue le corpus politicum, le corps politique, ce que la démocratie appelle «le peuple». À soi seul constitue ce
troisième postulat. Car, dans une démocratie, le peuple constitue non seulement son corps, mais son esprit, puisqu’il lui est attribué
la faculté de juger, de choisir, de décider, en bref, de penser et de vouloir par lui-même. Le philosophe Jean-Jacques Rousseau en
songeant certes à la démocratie, mais sans admettre l’humaine possibilité : il attribue à la volonté publique le critère de la
raison, à savoir l’universalité. Ce qui fait de la volonté de l’ensemble des citoyens à l’intérieur de l’État, considéré comme un
tout spécifique, une volonté intrinsèquement raisonnable, la volonté «volonté générale». La fameuse «volonté générale», qui n’est
pas la volonté de tous, (c’est-à-dire la somme arithmétique de la volonté de tous les individus qui composent le peuple), mais la
volonté du peuple en tant que tel, la volonté du «tout» est, dans ces conditions, toujours «droite» (selon Hegel); elle «ne peut errer»,
elle ne peut avoir d’autre objet qu’un objet général, le bien commun et elle porte ainsi sur lui une appréciation par essence raisonnable.
La
souveraineté du peuple, une souveraineté immanente à son possesseur, c’est bien le postulat fondamental de la démocratie.
L’installation effective de régimes démocratiques dans les sociétés contemporaines Occidentales a été longuement retardée
par l’idée reçue qu’une vraie démocratie était nécessairement une démocratie directe. Or, la dimension considérable des États modernes
d’Occident y rendait impossible la pratique directe de la démocratie; une assemblée globale du peuple n’était évidemment pas réalisable.
Pourquoi non réalisable? Parce que la tradition qu’un citoyen ne pouvait déléguer l’expression de sa volonté à une tierce personne
sans lui donner un véritable blanc-seing. Conférer à un autre le pouvoir de le «représenter», c’est pour un citoyen, abandonner à
l’autre sans contrôle le pouvoir de juger et de décider à sa place. Le mandat s’en remet sans conditions à la volonté du mandataire.
En effet, le vouloir ne se transmet pas efficacement, cela va de soi, dans le vouloir d’un autre.
Le principe de représentativité,
avec les assemblées législatives librement élues, est devenu très vite le postulat nécessaire des démocraties inévitablement indirectes.
Ce principe a trouvé dans le découpage et la séparation du pouvoir exécutif législatif une justification supplémentaire.
Une fois
mis en œuvre, il a été reconnu comme le moyen inéluctable de la mise en pratique des démocraties modernes. Il est désormais entré
dans les mœurs des Occidentaux.
Est-ce que le choix de Guide de la Révolution de la Jamahiriya arabe Libyenne, le frère Mouammar Al
Kadhafi de la démocratie directe n’est-il pas justifié ? Comme son livre vert l’explique, c’est pour le bien de toute l’humanité.
Ce débat ne fait que commencer… À SUIVRE…
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La
bonne gouvernance, modèle de Libye
Hier, Moammar KADHAFI, c’était l’homme à abattre par les Occidentaux. Le Wanted des Américains.
Après le coup manqué de Reagan, il fallait infliger un embargo injustifié contre la Libye et son peuple; humiliation de tout genre
par les médias Occidentaux pour essayer de soulever la population Libyenne contre son Guide Suprême.
Mais les stratégies de la triste
confrérie internationale fût un fiasco total. Le Guide de la Révolution Libyenne et son peuple, ont survécu et sont sortis de cette
sentence tête haute. Le Guide Libyen considère ces épreuves, comme un des chapitres d’une leçon de l'école de la vie politique. Cet
homme d'État Africain devient de plus en plus aguerri et capable d'amortir tous les chocs douloureux, en provenance de ces adversaires
tant personnels que politiques.
Ce qui est paradoxale: Comment expliquer que; les mêmes ennemis d’hier soient devenus aujourd’hui les
grands alliés de ce «Wanted» ? N’est-il pas un changement de stratégie pour mieux l'approcher et ensuite inventer d’autres raisons
de frappe non justifiées? Saddam Hussein, fût un certain moment de son histoire, l’enfant gâté des Occidentaux, où est-il aujourd’hui
?
Si ce n’est pas cette hypothèse, comme je le pense moi-même :
Ø «C’est plutôt les impacts de la suprématie des enjeux
de la démocratie directe sur la démocratie participative bourgeoise, qui commencent à se faire sentir!»
Seul l’avenir
nous dira la vérité.
Dans l’habileté de diriger, comme souligné dans l’éditorial, la bonne gouvernance
est une approche en administration ou en gestion des organisations d'entreprises publiques et privées, qui se traduit par l’ensemble
des politiques et des pratiques érigées en code d’éthique servant à la fois de guide et de référence pour apprécier la qualité
des décisions et des actes initiés par des décideurs ou gouvernants, dans le cadre de l’exercice du pouvoir; pouvoir qui tire sa légitimité
dans le mandat que leur ont confié, la majorité des individus, organisés en société.
Selon les rapports sur les indices de développement
humain de ces dernières années, publiés par la Banque Mondiale, la Libye malgré les embargos, a fait et continue à faire bonne figure.
Selon les indices de la bonne gouvernance de 2000 à 2005, la croissance économique, la qualité de la vie quotidienne du citoyen et
citoyenne de Libye est même de loin supérieure à certains pays de l’Ocde.
KADHAFI est le leader charismatique Africain
vivant qui fait revivre le grand sentiment du nationalisme Africain. Le seul à ce moment est capable de dire NON face aux idéologies
politiques des Occidentaux, et imposer sa vision de la démocratie directe.
Kwame Nkrumah, précurseur de panafricanisme a dit : «We
must unit now, or perish».
Ce grand penseur n’est plus. Il faut que le flambeau continue de bruler.
Le Flambeau du panafricanisme
est légué aux mains de Moammar KADHAFI. Sa vison pour l’unité Africaine ne date pas d’aujourd’hui. Pour ceux qui ont suivi de
près sa politique, il a toujours glorifié les valeurs africaines avant toute chose.
Le Guide de la Révolution
Libyenne, Moammar KADHAFI est un réunificateur inné. Son coup d’État en 1969, n’avait pas comme objectif la gloire et la grandeur
du pouvoir.
Depuis son jeune âge, sa conscience ne lâche pas de la pensée d’unir son peuple et le peuple de l’Afrique.
Les enjeux politiques
actuelles dans notre planète obligent que; le leader devant une situation controversée, et en plus dans une circonstance atténuante
et pénible, qu’il faut à tout prix se débarrasser de ses envahisseurs, il doit impérativement suivre le même chemin que ces derniers
ont empruntés, s’il veut obtenir la vraie démocratie et libérer son peuple des griffes de ces occupants génocidaires.
Il fallait changer
le régime à tout prix. Et cela était l’objectif primordial de Moammar KADHAFI. Appelé cela un coup d’État comme vous le voulez,
mais c’est plutôt une Révolution comme ce fût en Amérique et ailleurs dans le monde.
Sa philosophie, qui est très bien illustrée dans
son livre vert, démontre que ses pensées en comparaison avec une lignée des philosophes des siècles passés, sont issues des connaissances
pour la défense de la bonne cause, dont le moral est de combattre la justice sociale et la pauvreté en générale dans le monde. Citons
entre autre le philosophe et l’auteur du Contrat Social (1762) Jean Rousseau, un théoricien de la souveraineté populaire, qui
entreprit même une ébauche de constitution de démocratie directe pour la Corse en 1762.
Moammar KADHAFI intervint au bon moment
pour changer la vision du monde, en sonnant l’alarme pour la souveraineté de son peuple en particulier, et en retentissant encore
plus fort l’alarme pour réveillé le peuple Africain du message de KWAME NKRUMAH dont :
ü "We must unite now or persih"
(nous devons nous unir maintenant ou nous allons périr).
L’alarme fût déclenchée à l’aurore par KWAME NKRUMAH, mais la plupart des
nos leaders Africains n’ont pas saisi le message de ce grand philosophe et penseur, ou tout simplement ils étaient corrompus par les
impérialistes, ne voulant rien savoir de l’unisson. (Nous y reviendrons.)
La pensée de KWAME NKRUMAH, coule jusqu’aujourd’hui
dans les veines des vrais leaders Africains, en l’occurrence Moammar KADHAFI qui, depuis son accession au pouvoir en 1969, il
a fait plusieurs tentatives positives de réunir son pays qu’est la Libye avec d’autres pays Arabes et Africains. À titre d’exemple :
ü En
1972 : Regroupement de l’Union des Républiques Arabes dont : la Libye, l’Égypte et la Syrie (dissolution en 1977);
ü En
1974 : La fusion entre la Libye et la Tunisie (sans suite);
ü En 1981 : La fusion avec le Tchad (sans suite);
ü En
1984 : Union entre la Libye et le Maroc (dissolution en 1986), etc.
Comme on peut le constater, cet homme d’État est nourri
d’amour de l’unité. Les échecs dans toutes ces premières tentatives, sont les outils d’expériences sur le chemin de la vie politique
d’un grand homme d’État Africain, qu’est KADHAFI. Malgré ces embûches, il démontre sa capacité et sa volonté d’unir à tout pris,
le peuple Africain, dont le fruit commence à murir.
La Libye a optée pour la démocratie directe. Mais
pour certains théoriciens occidentaux, c’est plutôt de la dictature absolue. Pourquoi cette déformation de pensée ?
La pensée
de certains théoriciens Occidentaux, restent toujours ancrée sur l’image de la domination des impérialistes, qui ne veulent jamais
promouvoir l’innovation dans les pensées des autres peuples, surtout ceux de Continent Africain issus de l’esclavage qui doivent,
à tout prix suivre une lignée des idéologies politiques, importées de l’Occident.
Depuis 1969, sous la protection de Mouammar KADHAFI,
la Libye est devenue une République arabe et socialiste, gouvernée par un Conseil Révolutionnaire. Quatre ans plus tard, soit en 1973,
les comités populaires se formèrent comme instance de l’exercice d’une démocratie directe.
Aux limites de la Constitution, le
pouvoir exécutif est partagé entre le Guide de la Révolution, Moammar KADHAFI, seize représentants du Congrès général du peuple
(CGP), l’Assemblée nationale et son bureau politique. Comme dans tous les textes Constitutionnels, il existe les trois pouvoirs clés
dont : L’exécutif, le législatif et le judiciaire, qui gouvernent le pays. Comme la démocratie directe qui sous-entend peuple
d’abord, la justice est assurée par le peuple au sein du Comité au peuple pour la justice. Sans oublier que, le Guide a son veto dans
les grandes décisions.
La politique de la Libye est composée d’une structure gouvernementale dualiste[1]. Cette dualité est
due d’abord à la doctrine de l’Islam. Étant donné le caractère de dualité, la structure gouvernementale est repartie en deux secteurs;
- Le secteur Révolutionnaire, c’est le Guide lui-même Moammar KADHAFI. Et l’autre secteur, c’est les comités révolutionnaires
plus les douze membres du Conseil de la Révolution fondé en 1969.
Comme le définit Larousse, cette nature du dualisme est inséparable.
Les deux principes sont liés par des vibrations qui ne sont pas perceptibles à l’œil nu. Partant de ce principe, le leader de la Révolution
ne peut-être élu et ne peut pas être destitué légalement. Car il est impossible de séparer Mouammar Kadhafi est sa patrie. L’un ne
peut pas vivre sans l’autre, donc l’union entre le corps et l’âme est éternelle. À savoir aussi que, un système politique à caractère
de démocratie directe, dans un pays comme la Libye ne peut se dissocier de l’Islam. Ainsi, les deux genèses doivent impérativement
cohabiter, mais la géopolitique doit s’adapter à la doctrine de l’Islam, et non le contraire, car la politique peut changer mais l’Islam
reste et restera toujours indemne.
Selon la théorie des Occidentaux sur la géopolitique, c’est incompréhensible et cette méthode
se traduit souvent comme de la dictature absolue. Mais, pour ceux qui côtoient les musulmans, et étudient la doctrine de l’Islam,
ce n’est pas étrange ni incompatible avec la réalité du monde. Il suffit de bien analyser la profondeur et l’espace temporel de cette
dualité pour découvrir l’esprit créateur et innovateur qui est caché dans la vraie signification de la démocratie directe.
Ainsi
dans la gouvernance Libyenne, l’espace Révolutionnaire définit le pouvoir décisionnel du second secteur, appelé la ceinture de la
Jamahiriya. En termes de géopolitique, le secteur de la Jamahiriya est équivalent du secteur législatif du gouvernement. Là
aussi, il est divisé en trois niveaux; communal (municipalité), régional (provinciaux) et national. Et à chaque corps législatif répond
un comité exécutif.
Le système politique de la Libye n’est pas aussi complexe qu’on peut prétendre. Tous les règlements, normes
et procédures, sont théoriquement et pratiquement basés sur le livre vert de Guide Suprême de la Révolution Mouammar KADHAFI,
qui dévoile et explique plus en détail le dualisme de la politique Libyenne, basé sur les théories socialistes et islamiques et rejette
la démocratie parlementaire, pour des raisons et causes bien justifiées et compréhensibles.
À suivre…
[1]Selon Larousse : De la nature du dualisme; c’est-à-dire, tout système religieux ou philosophique qui admet deux principes, comme la matière et l’esprit, le corps et l’âme, le bien et le mal, et que l’on suppose en lutte éternelle l’un contre l’autre.
Grande Jamahiriya arabe Libyenne socialiste et populaire
Muammar Al-Kadhafi et l'Afrique
La démocratie directe et le livre vert