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Afrogouvernance – Par Gustave Botela Lipo – 25 mai 2008.

 

Enfin !! La République Centrafricaine vient de pincer un des Seigneurs des guerres Africain qui jusqu’ici était toujours en liberté totale.

 

La belligérance a aussi son prix et il faut rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu. Chaque chose a son temps. Le passé commence à rattraper en douceur les Seigneurs des guerres Congolais. La population Congolaise mal informée, se pose la question de savoir le pourquoi et le comment des événements sur l’arrestation d’un des leaders Congolais, en l’occurrence Jean-Pierre Bemba. Pour ses partisans et ses adeptes, ils diront bien sûr que c’est une fausse accusation, etc. L’avenir nous dira toute la vérité.

Justice internationale

Arrestation de Jean-Pierre Bemba en Belgique

Article publié le 25/05/2008 Dernière mise à jour le 25/05/2008 à 20:34 TU

La Cour pénale internationale a obtenu l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), suspecté de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, pour viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003. Le MLC est le principal mouvement d’opposition au président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. La Belgique a confirmé dimanche l'arrestation de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo et son intention de le transférer d'ici « un à deux mois » à la Cour pénale internationale (CPI) qui a lancé un mandat d'arrêt contre lui.

De notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

Arrêté dans une banlieue de Bruxelles aux alentours de 22h00 (heure locale), Jean-Pierre Bemba, chef du principal mouvement d’opposition au président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, était depuis plusieurs semaines dans le viseur de la Cour pénale internationale (CPI). Suspecté de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, pour viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003, Jean-Pierre Bemba s’était réfugié au Portugal en juin 2007. Candidat malheureux à l’élection présidentielle d’octobre 2006, au terme de laquelle il avait cependant raflé 42% des voix au second tour, Jean-Pierre Bemba avait été inculpé pour haute trahison par le pouvoir et avait fui le pays pour l’Europe.

Dans le viseur de la CPI depuis mai 2007

Jean-Pierre Bemba n’est pas poursuivi pour les crimes qui auraient été perpétrés en République démocratique du Congo mais pour ceux commis en République centrafricaine. Du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003, les mercenaires du chef de guerre avaient soutenu le pouvoir de l’ancien président Ange Félix Patassé contre les rebelles de François Bozizé, qui s’emparait alors du pouvoir. Selon le mandat d’arrêt émis par la Cour, les hommes de Jean-Pierre Bemba « ont mené une attaque systématique ou généralisée contre la population civile et ont commis des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne et des pillages, notamment dans la localité dénommée PK12 et dans les villes de Bossangoa et Mongoumba ».

Jean-Pierre Bemba est accusé en qualité de supérieur hiérarchique et était « investi d’une autorité de jure et de facto (…) pour prendre toutes les décisions tant sur le plan politique que militaire ». Dans un communiqué, le procureur Luis Moreno Ocampo a rappelé avoir rencontré les victimes, « celles qui ont survécu à la violence, celles qui ont survécu au sida. Nous ne pouvons effacer leurs blessures. Mais nous pouvons leur rendre justice. Les témoignages des victimes seront autant de preuves. Les victimes viendront raconter leur histoire à la Cour. Elles auront ce pouvoir ».

Un destin politique contrarié

Alerté par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) au printemps 2003, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, avait été saisi par Brazzaville en décembre 2004, mais n’avait ouvert son enquête qu’en mai 2007. Des poursuites initialement entamées par la République centrafricaine s’étaient soldées par un renvoi vers la juridiction internationale. Elles visaient non seulement Jean-Pierre Bemba, mais aussi le Français Paul Barril, ancien n°2 du GIGN, (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) qui était intervenu au Congo-Brazzaville à la tête d’une compagnie privée de sécurité.

Devant la Cour pénale internationale, le président du Mouvement de libération du Congo ne bénéficie pas de son immunité en qualité de sénateur. Un titre que Kinshasa contestait, depuis son départ du Congo, en juin 2007. L’homme d’affaires, licencié d’une école de commerce de Belgique, avait évolué dans le commerce comme son père, un proche de l’ancien président Mobutu Sese Seko.

En 2003, Jean-Pierre Bemba avait été accusé par les Nations unies d’avoir incité ses troupes au cannibalisme, mais les faits n’avaient jamais été étayés et en juin 2003, il devenait le vice-président du gouvernement de transition. A 45 ans, Jean-Pierre Bemba conservait son potentiel politique. Son arrestation dans une banlieue de Bruxelles intervient alors qu’une crise diplomatique a éclaté entre la Belgique et la République démocratique du Congo.

Justice internationale

La CPI enquête sur des crimes sexuels en Centrafrique

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé, mardi, l’ouverture d’une enquête sur les crimes commis en République centrafricaine (RCA) en 2002 et 2003. Mais les crimes perpétrés depuis 2005 au nord du pays n’entreront pas, dans l’immédiat, dans le champ de l’enquête.

Pour Luis Moreno Ocampo, «les allégations de crimes sexuels sont précises et étayées. Les renseignements dont nous disposons laissent à penser que des viols ont été commis en des proportions telles qu’il est impossible de les ignorer au regard du droit international». Notifiée aux autorités centrafricaines le 10 mai, cette première enquête portera sur les crimes commis en octobre et novembre 2002 et février et mars 2003, période où les meurtres, pillages et les violences sexuelles ont atteint «un pic». La tentative de coup d’Etat, conduite en octobre 2002, par les rebelles de François Bozizé avait plongé Bangui et sa province dans la violence jusqu’en mars. Moment où le général Bozizé s’emparait enfin de la présidence après avoir déchu du titre Ange-Felix Patassé dont les troupes étaient renforcées par les mercenaires du congolais Jean-Pierre Bemba et du tchadien Abdoulaye Miskine.

A la Cour, le responsable des analyses, Xabier Agirre, estime qu’ «il y a une coïncidence claire entre les mouvements militaires sur le terrain et la commission des crimes». L’enquête, prévue sur plusieurs mois, devrait permettre de déterminer les intentions des auteurs des crimes, mais à ce stade, aucun suspect n’est encore visé, dit-on au parquet. Selon les analyses du procureur, effectuées sur la base de plusieurs rapports et d’une mission conduite en novembre 2005, «la violence sexuelle semble ainsi avoir constitué une composante centrale du conflit». «Il est possible, mais ce n’est qu’une hypothèse, nuance, prudent, M. Agirre, que ce soit une forme de rétribution des troupes qui opèrent sans salaire».

Un effet dissuasif

Pour Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), «il y a entre 1 500 et 2 000 personnes qui ont été victimes de violences sexuelles. Ce sont des femmes, mais aussi des enfants, des vieillards, des hommes. Et lorsqu’une personne est violée, cela atteint des dizaines de personnes. C’est la société toute entière qui est traumatisée». Particulièrement active dans cette affaire, la FIDH avait soumis un premier rapport au procureur dès février 2003, et soutenu la création d’une association de victimes en Centrafrique. La présidente de l’organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse, Bernadette Sayo Nzale, victime de menaces, a dû fuir le pays en avril. «La meilleure protection, ce ne sont pas les mesures de type FBI, mais la discrétion et l’anonymat», estime Antoine Bernard, de la FIDH qui espère que «l’enquête aura un effet dissuasif sur la situation actuelle». Mais en ouvrant son enquête, le procureur demeure prudent et a, provisoirement du moins, écarté les crimes commis par les milices qui se battent au nord du pays depuis 2005, même s’il continue «de prêter attention» à ces allégations.

Dans le dernier de ces quatre rapports, la FIDH estime que les auteurs des crimes de 2003 «sont les acteurs du nouveau conflit». «C’est la démonstration probante des ravages de l’impunité», note l’organisation. Entre temps, la justice centrafricaine s’est bien saisie de quelques dossiers, mais pour les renvoyer à la CPI. «Les autorités nationales étaient dans l’incapacité de mener à bien les procédures judiciaires nécessaires, en particulier de recueillir les éléments de preuve et de se saisir des accusés», écrit la Cour dans un communiqué. En avril 2006, la Cour de cassation écrivait que la Centrafrique était «incapable» de poursuivre les auteurs et renvoyait les cas Patassé, Miskine, Bemba et celui du français Paul Barril, poursuivi pour sa participation à la tête d’une compagnie de sécurité, à la Cour pénale internationale. En saisissant la Cour en décembre 2004, le président François Bozizé les citait nommément, or l’armée rebelle qui l’a conduit au pouvoir était aussi présente à Bangui à l’automne 2002.

 

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