Comment l’intégration des Africains évolue au Québec ?
Afrogouvernance – Par Gustave Botela Lipo – 29 février 2008.
Le
chapitre sur l’intégration des Africains francophones au Québec (Canada), est un sujet qui ne date pas seulement de ce millénaire.
Chaque nouvelle génération des arrivants Africains francophones au Canada, et plus particulièrement pour ceux qui ont choisi de vivre
en permanence au Québec, depuis les années1960 jusqu’à date, a sa propre vision du point de vue intégration.
La notion d’intégration
suscite des débats tant au très haut niveau politique que scientifique. Quand un être humain décide d’immigré ailleurs que de son
environnement original, il doit s’attendre à plusieurs chocs tels que : - Psychologique; - Socio-culturel, etc.
Les recherches
sont nombreuses sur ce sujet, et plusieurs auteurs parlent presque la même chose sur les facteurs qui caractérisent, le concept d’intégration
dans un nouvel environnement.
L’épreuve de l’intégration est capitale à toute communauté ; elle n’est pas spécifique aux étrangers.
Le problème des étrangers est spécifique à chaque nation, car c’est au sein de la nation que s’effectue l’intégration. L’intégration
ne dépend pas des cadres de la société mais de la nation.
La notion d'intégration
Définition.
Étymologiquement le mot intégration
vient du verbe intégrer qui signifie rendre complet, achever ; au cours du XXème siècle prend le sens complémentaire de faire entrer
dans un ensemble en tant que partie intégrante. Le terme d’intégration possède trois sens :
L’intégration constitue un des concepts centraux de la sociologie de Durkheim. Or dans le domaine
des relations interethniques, l’intégration est devenue des enjeux politiques dans les années 1980. Les sociologues lui ont alors
préféré le terme d’insertion. Les deux termes ne sont pas équivalents car il peut y avoir insertion sans qu’il y ait intégration.
Le concept d’intégration renvoie à quelque chose de complet, d’achevé. L’insertion n’est qu’un ajout, sans qu’il y ait automatiquement
achèvement d’un processus. Trop souvent l’intégration a été confondue avec l’assimilation ; l’assimilation renvoie au stade ultime
de l’acculturation. L’intégration désigne un phénomène social et non exclusivement culturel.
L’intégration est un processus et non
un état.
Cela signifie qu’il y a évolution, mouvement et transformation. Ce processus peut ne pas être linéaire mais suivre un rythme
saccadé. D’autre part, ce n’est pas l’individu qui décide de son intégration, mais la société dans laquelle il vit qui décide ou non
de l’intégrer. L’intégration est avant tout un phénomène social qui s’exerce dans un cadre particulier.
Comme vous pouvez le constater,
le concept d’intégration peut susciter des débats tant politiques que scientifiques. Pour les lecteurs et lectrices, le débat est
ouvert et je vous demande de nous faire part de vos commentaires. L’adresse pour nous écrire est dans le site : info@afrogouvernance.org.
Faisant
référence à l’article de cyberpresse ci-dessous, selon la statistique Canada, le taux de chômage d’une certaine couche de population
Québecoise, soit des immigrés Nord-Africains augmente, pendant que l’indicateur montre qu’il fléchi au Québec.
La réaction se
fait sentir hors de notre frontière (Canada-Québec). Ainsi, en Algérie, nous a été envoyé par notre correspondant un article en annexe.
Bonne
lecture ! réagissez!
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Selon
statistique Canada, un tiers des maghrébins sont au chômage
Les Algériens n’ont pas trouvé l’eldorado au Québec
Edition du 16 février
2008 > Actualité
Ils sont bardés de diplômes dans des domaines en forte demande. Ils ont été sélectionnés par le Québec pour leur
scolarité supérieure, pour leur connaissance du français, pour leur « indice de fertilité » élevé et la liste est longue.
Mais ils sont sans emploi : ce sont les immigrants venant d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie et à une moindre mesure
Libye, Egypte et Soudan).
Leur tort ? Avoir cédé au marketing « humain » du Québec en pleine crise démographique et
être issus de pays qui ne savent pas retenir leurs matières grises. Statistique Canada (l’ONS local) qui s’est penché sur le chômage
chez cette catégorie de la population a publié, mercredi dernier, les résultats de la première enquête du genre. Celle-ci n’a fait
que confirmer le sentiment général que le Québec ne fait qu’écrémer les ressources humaines des pays du Maghreb sans les utiliser
à bon escient ou tout juste pour combler les postes de travail que snobent les Québécois de souche. Ainsi, au moment où la province
francophone connaît un taux de chômage de 6,3%, celui-ci grimpe à 27,9% chez les Maghrébins qui se sont installés entre 2001 et 2006,
soit un taux supérieur un peu plus de quatre fois à celui des Québécois de souche. Ceux qui s’y sont installés entre 1996 et 2001
connaissent un taux de chômage de 18% – 3 fois supérieur que chez les « pure laine ». L’enquête ne dit pas quels emplois
occupent ceux qui sont considérés « travailleurs ». Pour Hassane Serraji, co-éditeur du magazine Réussir Ici , cette situation
s’explique par le fait que « l’immigration maghrébine est très récente et les Maghrébins n’ont pas encore tissé des réseaux qui
leur permettent de trouver les emplois non affichés ». Pour lui, le 11 septembre est aussi à prendre en compte mais n’explique
pas tout. De son côté, Lamine Foura, journaliste animateur à la radio et à la télévision, estime que « les structures d’accueil
des nouveaux arrivants au Québec sont aux antipodes des critères de sélection ». « Les Maghrébins universitaires n’ont pas
besoin de cours de francisation. On continue à appliquer à ces derniers des méthodes qui ont été pensées à une autre époque pour les
réfugiés », continue-t-il.
« L’argument religieux »
Les bonnes volontés québécoises, à l’image d’un chroniqueur d’un
quotidien gratuit, demandent aux nouveaux arrivants de prendre leur mal en patience : vers 2011, les baby-boomers vont partir
à la retraite et là les portes de l’emploi vont forcément s’ouvrir ! Entre temps, ce sont les centres d’appel qui restent les
recruteurs numéros un ! Il n’est pas rare, pour ne pas dire commun, de trouver toute une section d’ingénieurs de l’université
de Bab Ezzouar dans un centre d’appel à « apprendre » aux clients des fournisseurs d’accès à internet québécois à trouver
le bouton « Démarrer » de windows. Ils sont confortés à longueur de journée à des clients qui en ont assez de ces immigrants
qui ne parlent pas français (comprendre français québécois). D’autres préfèrent tenter leur chance dans d’autres provinces canadiennes.
Walid M., un ex-ingénieur de Sonatrach, a passé 5 années à Montréal dont 3 à l’école polytechnique pour refaire son baccalauréat (l’équivalent
d’une licence) en mécanique. Ne trouvant pas de travail au Québec et après plusieurs petits boulots dans les centres d’appel, il a
plié bagage avec sa femme et ses deux garçons dont le plus jeune avait deux semaines, pour la province de l’Alberta. A Calgary, il
affirme avoir trouvé un travail dans son domaine après deux mois. Moins chanceux, Malik B. était comptable à Alger dans une entreprise
publique. Arrivé à Montréal, il y a deux ans, il a repris ses études mais vient de les abandonner. Il fait partie de ceux qu’on appelle
BS (les bénéficiaires de l’aide sociale). Les adeptes de la théorie du complot affirment que ces statistiques vont apporter de l’eau
au moulin de ceux qui pensent que les immigrants maghrébins ne peuvent pas s’intégrer à la société québécoise parce qu’ils sont tout
simplement musulmans. Tout ceci pour justifier un frein à l’immigration maghrébine.