par Pauline Simonet
Article publié le 04/07/2007 Dernière mise à jour le 04/07/2007 à 23:07 TU
Les étudiants gabonais préfèrent ces dernières années le continent américain à l’Europe, en raison notamment d'une obtention plus facile de visas longue durée pour les Etats-Unis.(Source : CCF Saint-Exupéry / MAE)
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Par Gustave Botela Lipo – 08 mars 2008

Le Gabon est un pays souverain autant que la France. Si le Gabon tolère la circulation libre des Français illégaux au Gabon, pourquoi les Gabonais n’auraient pas aussi le même privilège en France?

C’est cela la forme de la coopération, de l’expertise de la bonne gouvernance et le respect des droits humains que la France continue d'exporter à travers l’Afrique ?

La République gabonaise ou Gabon est un pays situé à l'ouest de l'Afrique centrale, sur l'équateur, faiblement peuplé. Voisin du Congo-Brazzaville et du Cameroun. La France occupa le Gabon progressivement à partir du milieu du XIXe siècle. Le Gabon acquit son indépendance le 17 août 1960.

C’est par vagues successives d'immigration, que le peuplement de Gabon s’est constitué. Jusqu'au XIXe siècle, de Pygmées puis plus massivement de Bantous, plus majoritaires aujourd’hui. C'est lors de ce mouvement qu'arrivèrent au XVe siècle les premiers européens, des Portugais. Le nom du Gabon lui vient d'ailleurs de ces premiers colons : Gabão en portugais signifie "caban", en rapport avec la forme de l'Estuaire qui borde les côtes de Libreville

Le Gabon est un pays au souterrain très riche. Il exporte du manganèse, du pétrole, du gaz, du fer, du bois et bien d'autres produits de son sol et son sous-sol depuis longtemps. L'exploitation des mines d'uranium de Franceville a été fermée en 2001 du fait de l'arrivée sur le marché mondial de nouveaux concurrents. La relance de l'exploitation de ses importants gisements d'uranium est aujourd'hui d'actualité. Le train de Franceville-Libreville exporte, depuis les années 1980, le minerai des mines de manganèse, d'uranium et de fer situés à Moanda. Les gisements ferreux de Bélinga au nord-est de Makokou ne sont pas encore exploités. Leur exploitation est prévue pour courant 2012.

 

France-Gabon

Brice Hortefeux à Libreville

par Pauline Simonet

Article publié le 04/07/2007 Dernière mise à jour le 04/07/2007 à 23:07 TU

Les étudiants gabonais préfèrent ces dernières années le continent américain à l’Europe, en raison notamment d'une obtention plus facile de visas longue durée pour les Etats-Unis.
(Source : CCF Saint-Exupéry / MAE)

Le ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement, Brice Hortefeux, est en visite officielle à Libreville ce jeudi. Il doit participer avec le secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération, Jean-Marie Bockel, à l’Assemblée parlementaire de la francophonie qui se tient jusqu’à vendredi dans la capitale gabonaise. Mais à la clé de la visite de Brice Hortefeux se loge surtout la signature éventuelle d’un accord sur une « immigration concertée » entre le Gabon et la France. Les Gabonais bénéficient déjà de certaines facilités pour l’obtention d’un visa français, mais Libreville et Paris envisagent d’aller plus loin.

De notre correspondante à Libreville

« En matière d’immigration, nous parlons le même langage ». Le ministre gabonais de l’Intérieur, André Mba Obame, insiste sur le statut particulier du Gabon sur le continent africain. Il ne s’agit pas d’un pays de départ mais d’un pays d’accueil de migrants ; 35% de la population du Gabon est constituée d’étrangers, en provenance essentiellement d’Afrique de l’Ouest et centrale. La gestion concertée des flux migratoires est au cœur de discussions animées entre Libreville et Paris depuis de nombreux mois. Et la visite, ce jeudi à Libreville, du ministre français de l’Immigration et du Codéveloppement, Brice Hortefeux, devrait enfin déboucher sur la signature d’un accord sur une « immigration concertée », au terme d’un entretien avec le chef de l’Etat gabonais Omar Bongo Ondimba.

« Il existe des conventions de 1992 et de 2002 entre nos deux pays et elles ne sont pas appliquées », déplore le ministre gabonais de l’Intérieur, « elles stipulent que les ressortissants des deux pays doivent avoir les mêmes droits sur le territoire de l’autre ». Théoriquement donc, plaide André Mba Obame, il ne devrait pas y avoir de visa « court séjour » pour les ressortissants gabonais qui se rendent en France et vice-versa. Outre l’application de ces textes, Libreville avance plusieurs arguments en faveur de l’assouplissement des conditions d’entrée en France de ses ressortissants.

Préférer les Etats-Unis

Le solde migratoire est à l’avantage de la France. Environ 8 000 Français résident au Gabon alors qu’ils ne seraient que 4 à 5 000 Gabonais dans l’Hexagone. Autre spécificité : son statut de pays d’immigration permet au Gabon de bien connaître les problèmes liés à ce phénomène. Agitant la menace d’une suspension de certains avantages accordés aux ressortissants français (facilité d’octroi et faible coût des cartes de séjour), le Gabon fait par ailleurs valoir qu’il pourrait se tourner vers d’autres horizons. La coopération s’est renforcée avec Washington en matière de flux migratoires ces dernières années. Et les Gabonais peuvent obtenir sans grandes difficultés des visas de 5 ans pour les Etats-Unis, ce qui suscite une vague de départs d’étudiants préférant le continent américain à l’Europe.

De son côté, Paris se dit « limité » par les accords de Schengen, fixant la libre circulation des personnes dans cet espace européen, et soulève la nécessité d’une sécurisation des passeports et des documents officiels gabonais en cas d’assouplissement des conditions d’entrée dans l’Hexagone. La visite du ministre français intervient au lendemain de l'adoption par le Conseil des ministres de son projet de loi sur l'immigration qui doit être présenté en septembre au Parlement.

Opération de charme

Le texte français prévoit notamment le durcissement des conditions du regroupement familial -avec l’instauration d’un test linguistique-, et un rééquilibrage en faveur de l’immigration économique. Le ministre français profitera par ailleurs de son passage à Libreville pour évoquer cette question des flux migratoires devant l’Assemblée des parlementaires de la Francophonie. Une réunion annuelle rassemblant jusqu’à vendredi plusieurs centaines de parlementaires venus de tout l’espace francophone.

La visite de Brice Hortefeux s’inscrit aussi dans l’opération de charme entamée sur le continent par une visite au Bénin le 21 juin. Car bien que les autorités de Libreville disent «parler le même langage» que Paris, le concept d’« immigration choisie » et l’intitulé du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, ont fait grincer des dents à Libreville, comme dans d’autres capitales africaines. Celui d’« immigration concertée » devrait mieux convenir à la population gabonaise.

France 2 : la colère de Bongo
(L'international Magazine 07/03/2008)

La porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascale Andréani, a tenté jeudi 6 mars à Paris de dédramatiser la convocation mercredi de l’ambassadeur de France à Libreville par les autorités gabonaises rendues furieuses par un reportage sur les biens immobiliers du président Omar Bongo Ondimba.

"Nous avons pris note des préoccupations exprimées par les autorités gabonaises avec lesquelles nous avons d’excellentes relations", a-t- elle répondu à la PANA lors d’un point de presse.

Le gouvernement gabonais a indiqué mercredi qu’il "réfléchit actuellement à la suite à donner aux relations franco-gabonaises", jugeant inamicales le reportage de France 2 (chaîne publique française) sur le patrimoine du président Bongo et les expulsions récentes de quatre (4) Gabonais du territoire français.

Selon le ministre gabonais de l’Intérieur, André Mba Obame, 5 à 10% des 10.000 Français installés au Gabon ne seraient pas en situation régulière et pourraient donc être expulsés vers la France en application des mesures de réciprocité.

"La France a signé avec le Gabon, le 5 juillet dernier, un accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au co- développement et nous entendons poursuivre notre dialogue bilatéral en vue de sa mise en œuvre", a dit Mme Andréani.

Pour la porte-parole du Quai d’Orsay le reportage de France 2 sur les biens acquis en France par le président Bongo, des membres de sa famille et son homologue et beau-père congolais Dénis Sassou N’Guesso "relève de la liberté de la presse".

"Cette affaire relève de la liberté de la presse à laquelle nous sommes attachés. Cela étant, nous allons examiner la note que nous ont remise les autorités gabonaises", a justifié Pascale Andréani.

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