Afrogouvernance – Par Gustave Botela Lipo – 15 mars 2008
Démocratie et vertus
L’étude des rapports de la démocratie et de la vertu requiert deux remarques préliminaires.
D’une part, sur un pareil sujet, il est prudent de commencer par lever une équivoque
tenant au vocabulaire.
1- Homme politique
2- Homme d’État.
Le terme «homme politique»
définit un citoyen qui exerce officiellement un pouvoir politique central ou local ou qui s’apprête à exercer une charge politique,
en épuisant des moyens spécifiques, moyens légaux ou juridiques, autorité, influence, persuasion, force, que l’art politique comporte.
Cette
formule a normalement un sens très général, ne tenant pas compte des talents et des vertus de l’homme, de ses succès ou de ses échecs.
Elle peut acquérir parfois une acceptation quelque peu péjorative si on l’oppose à l’expression «homme d’État» qui désigne un homme
politique dont les talents sont reconnus et attestés par une expérience vécue, par des succès remportés, reconnus.
D’autre part, l’énoncé
du titre choisi limite expressément notre analyse aux régimes démocratiques d’opinion où, dans le cadre d’un état de droit, les droits
de l’homme inspirent la définition et le respect des droits et des devoirs des citoyens.
Les relations internationales y sont traitées
en s’inspirant des traditions du droit des gens. Nous tiendront donc systématiquement à l’écart les régimes où règne l’arbitraire
et où la violence des uns sévit sans autre contrôle que la violence des autres.
Dans le patrimoine courant des affaires humaines, le
temps n’est plus, au moins depuis Machiavel, où l’on postulait pouvoir inspirer les caractères et les règles d’un «État parfait».
Il ne saurait non plus être question de croquer la représentation d’un homme d’État parfait en régime de liberté sous le règne de
l’opinion publique et dans un État de droit.
D’abord, parce que l’éminence d’un homme politique dépend de deux agencements de critères
tout à fait indépendants l’un de l’autre et qui doivent cependant être pris l’un et l’autre en considération. Ce sont, d’une part
l’efficacité de l’autorité et de l’action de cet homme, le succès de ses entreprises, d’autre part la valeur des œuvres accomplies,
une valeur qui, elle-même, peut varier avec les cultures, et se mesurer, par exemple, en termes de grandeur, de puissance, de prospérité,
de justice et d’élévation spirituel.
Ensuite, pour tirer parti de ces critères, il faut tenir compte, d’une part, de la vérité et de
la surprenante complexité des situations historiques et des circonstances sur lesquelles un homme politique doit agir, d’autre part,
de l’extrême variété, de la complexité des personnalités accédant à une fonction politique.
À l’aboutissement, chaque situation historique
est unique, chaque personnalité politique est unique, et d’autant plus qu’elle est plus forte, ce qui est d’ordinaire le cas. Et il
faut encore, pour que l’action du politique soit efficace, qu’il se trouve une sorte de convenance entre la situation et l’homme.
Il y a des hommes faits pour les tourmentes, d’autres auxquels les calmes conviennent.
À certains, l’exercice autoritaire du pouvoir
réussit. D’autres opèrent mieux par la négociation. L’art politique est lui-même divers et doit s’accorder aux exigences et aux obstacles
des situations.
Hegel se plaisait à célébrer le rôle de certains «grandes individualités», c’était celles dont les capacités s’accordaient
aux conditions d’un moment de l’histoire.
L’exercice du pouvoir politique est un art tout personnel, un art de commander les affaires
humaines, dans une nation ou entre des nations, en fonction et en dépit de la liberté toujours sous jacente des hommes et des libertés
propres aux citoyens, avec qu’elles entraînent d’imprévisibilité et d’incertitude dans ce toile de passions et de convictions, de
réflexions, d’opinions et d’actes.
Une œuvre politique est une œuvre d’art tout à fait curieux, une authentique création aux caractères
originaux, incomparable en tant que telle. Car toute politique est de l’ordre de la culture. C’est un chef-d’œuvre aléatoire, en constante
mutation, soumis à d’incessantes épreuves. Les plus grands hommes d’État demeurent fragiles et d’autant plus capables d’erreurs, de
fautes et d’échecs que leurs succès les rendent davantage sûrs d’eux-mêmes.
Dans de telles conditions, il ne s’agit même pas d’établir
le type idéal de l’homme politique, encore moins de l’homme d’État. Tout en prenant conscience de l’importance des compensations et
des corrélations qui peuvent intervenir entre les composantes d’une personnalité, on peut seulement tenter de mettre en évidence les
talents et les vertus qui interviennent ou qui semblent nécessaires au succès ou à la valeur de l’activité des hommes politiques.
Somme
toute, il ne faut jamais oublier que les institutions, les règles de droit comptent beaucoup moins que les hommes, leurs talents et
leurs vertus. Le droit n’est jamais qu’un garde-fou, un donné inerte et immobile. Ce sont les mœurs qui comptent car, en interprétanta posteriori le droit survenu de leur présence, elles lui transmettent une orientation, une efficacité, une vie. En réfléchissant
au sens, à la charge que peuvent prendre les vertus en démocratie, c’est aux mœurs pratiquées, donc aux hommes actifs dans une démocratie,
que l’on accorde leur juste importance.
Des
controverses entre «Frères fondateurs»
La révolution américaine érigera malgré tout le peuple au rang de dépositaire suprême de pouvoir.
L’article V de la constitution de Massachusetts stipule déjà en 1780 : «All power residing originally in the people». Et
le préambule de la Constitution américaine consacrera la formule «We, the people of the United States of America…», tout comme ultérieurement
les 9ème et 10ème amendements, qui réservent les compétences populaires face à l’action des gouvernants, joueront un rôle important
dans la jurisprudence de la Cour suprême.
Une certaine méfiance à l’égard des parlements, qui n’auraient fait que reproduire l’esprit
populiste des town meetings de Nouvelle Angleterre, aurait favorisé la mise en place de procédures de démocratie directe dans les
premières colonies libérées[1]. Ainsi, tous les États américains sauf le Delaware prévoient le référendum obligatoire pour ratifier
les modifications de leur constitution, et ceci bien avant la vague de réformes institutionnelles introduites par le mouvement populiste
entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle[2].
Un des premiers votes populaires sur une Constitution au sens moderne eut lieu au
Massachusetts dès 1778. Le peuple de cet État américain, qui s’était rassemblé en une série de town meetings, refusa d’ailleurs celle-ci
à une large majorité, puis se prononça pour l’élection d’une Assemblée constituante.
Celle-ci rédigea, avec le concours actif de John
Adams qui fut une des figures marquantes de la révolution américaine, une constitution finalement adoptée en 1780, dans un référendum
où le vote eut lieu article par article et où l’électorat pouvait proposer des amendements[3].
Cette constitution servit par la suite
de modèle à celle de la fédération. Les choses ne furent pas plus simples dans l’État du New Hampshire, qui disposait dès 1776 d’une
Constitution provisoire. Un premier projet de nouvelle Constitution fut rejeté en 1778, et un autre texte fut soumis au vote populaire
en 1781 : il prévoyait, comme dans le Massachusetts, la possibilité d’y introduire des amendements. Mais leur nombre fut tel
que la Constituante dut reprendre son projet; or il fut repoussé !
Le New Hampshire dut attendre 1784 pour être enfin doté d’une Constitution[4].
Reste que ces deux États furent les seuls, parmi les 11 États qui rédigèrent leurs Constitutions rapidement après la déclaration d’indépendance,
à soumettre leur constitution à l’approbation populaire.
Le Rhode Island ne le fit qu’en 1788, et le Maine en 1816; il fallut d’ailleurs
encore attendre 1817 pour qu’un État situé hors de la Nouvelle Angleterre, le Mississipi, soumette sa constitution à la ratification
du peuple, la même année que le Connecticut[5].
Si la voie référendaire devint à la longue pratiquement incontournable pour les réformes
constitutionnelles, cela ne se fit donc pas sans difficultés. Les évènements de l’État du Rhode Island liés à la ratification de la
Constitution fédérale sont particulièrement frappants à cet égard. L’Assemblée de cet État a décidé de ne pas confier celle-ci à une
convention de représentants, comme cela avait été convenu, mais de soumettre le texte au peuple, toujours par la voie des town meetings.
La Constitution fut rejetée, et ce n’est que sous le risque d’exclusion de l’Union, voire de l’invasion du Rhode Island et de son
démembrement entre les États du Massachusetts et du Connecticut qu’une convention finit par approuver la Constitution en 1790[6].
À
suivre…
[1] Voir Auer, 1989, 71 et s.
[2] Voir Suksi, 1993 : 71.
[3] Voir Giraux, 1993 : t. 1. : 63-64.
[4] Cfr Denquin, 1976 : 27.
[5] Voir Guillaume-Hofnung, 1994 : 83; Suksi, 1993 : 70-71.
[6] Voir Fishkin, 1995 : 26-30.
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Afrogouvernance – Par Gustave Botela Lipo – 03 décembre 2007
L'Organisation SDN (Société Des Nations), avec l'entrée
en vigueur du traité de Versailles, signé le même jour au Quai d'Orsay, donnant officiellement naissance à SDN le 10 janvier 1920.
L'Organisation
internationale, dont le siège est établi à Genève, en Suisse, pays traditionnellement neutre situé au cœur de l'Europe, accueille
32 pays membres. Elle est soumise à l'autorité d'un conseil permanent composé de cinq pays dont :
La France, le Royaume-Unis,
l'Italie, le Japon et la Chine. Le rôle de la SDN est d'assurer le maintien de la paix dans le monde. Mais ce qui est paradoxal :
bien que ce projet imaginé par le Président américain Wilson, la SDN n'accueillera jamais en son sein les États-Unis. Cela se comprend
facilement que, les États-Unis n'ont jamais ratifié le traité de Versailles. Cet Organisation internationale disparut après la Seconde
Guerre mondiale, et sera remplacée officiellement en 1946 par l'Organisation que nous connaissons tous aujourd'hui sous l'appellation
de l'ONU.
La Société des nations était donc fondée sur un pacte librement conclu entre des États souverains qui n'aliénaient
en n'y adhérant aucune parcelle de leur souveraineté.
La première assemblée générale de la SDN s'est
réunie dès la fin de 1920 et son premier travail a été de préciser la notion de sécurité collective, de lui donner un contenu, mais
aussi d'accomplir les deux missions qui lui avaient été confiées par la Conférence de la paix :
- organiser les référendums
prévus dans les traités de paix et qui concernaient des territoires contestés à population multinationale, comme par exemple en Haute-Silésie
où (cohabitaient des Polonais et des Allemands).
- répartir au profit des pays vainqueurs par le biais du système des mandats,
les colonies ou territoires enlevés aux pays vaincus.
Au moment de sa création et de sa mise
en place, à la fin de 1920, la SDN se voulait une œuvre d'accommodement, voire d'harmonie, et à ce titre elle a conscientisé un grand
espoir de paix dans le monde. Mais dès sa naissance, la SDN a été perçue d'abord comme la « société des vainqueurs », de
vainqueurs qui se donnaient bonne conscience en faisant porter toute la responsabilité de la guerre sur les pays vaincus qui se considéraient
comme injustement exclus de la communauté internationale. L'Allemagne vaincue, mais aussi le jeune État soviétique créé par les Bolcheviques
en Russie en seront tenus un temps à l'écart.
Les États-Unis devenus à la faveur de la guerre la première puissance mondiale
et qui avaient été à l'origine de la création de la SDN avec leur président, Wilson, n'y ont finalement jamais adhéré, le Sénat à
majorité républicaine à l'issue des élections d'après-guerre, ayant refusé de ratifier le Pacte de la SDN, mais aussi le traité de
Versailles et les clauses de garantie qui avaient été exigées par la France.
L'unanimité requise au sein du Conseil de la SDN
pour désigner l'agresseur en cas de conflit, va limiter considérablement les capacités d'intervention de la SDN. Enfin, la SDN ne
dispose d'aucune force militaire internationale pour faire respecter ses décisions. La SDN va être souvent mise devant le fait accompli
et contrainte fréquemment d'entériner des coups de force parce qu'incapable de s'y opposer :
Créée pour préserver la paix, la
SDN n'a pu empêcher la course à la 2ème guerre mondiale.
La Conférence de la paix a donné un nouveau
style à la diplomatie mondiale en changeant à la diplomatie secrète qui avait prévalu jusqu'alors, une diplomatie publique s'appuyant
sur des conférences multilatérales. Elle a suscité un grand espoir : espoir que les problèmes, les tensions, les conflits pourraient
désormais être réglés pacifiquement ; espoir que la question des nationalités était en voie de règlement ; espoir que
grâce à la sécurité collective la paix était garantie pour longtemps.
En réalité rien n'était vraiment résolu.
L'Europe restait très
divisée et affaiblie : le traité de Versailles et la question en suspens des réparations divisaient les vainqueurs, humiliaient
inutilement et dangereusement l'Allemagne et compromettaient la reprise économique ;
- la multiplication des frontières
et des États en Europe centrale ne réglait pas le problème des minorités nationales; au révisionnisme des pays vaincus venait
s'ajouter les ressentiments de pays vainqueurs comme l'Italie où Mussolini se préparait à accéder au pouvoir en exploitant le thème
de la « victoire mutilée ».
Dès le début des années 1920, la Turquie de Mustafa Kemal apportait la démonstration qu'on pouvait
obtenir la révision des traités par la force.
-La Russie soviétique était tenue à l'écart par la politique du « cordon sanitaire ».
-Les
États-Unis, refusant de jouer le rôle d'arbitre et de garantir la paix, retournaient à leur traditionnel isolationnisme ;
Enfin,
les pays vainqueurs n'ont pas décelé l'ébranlement de la puissance coloniale ni su répondre aux aspirations des peuples indigènes.
Conscients d'avoir bien servi leur métropole pendant la guerre, les élites indigènes commencèrent à considérer qu'elles devaient désormais
être associées à la gestion de leur territoire. Mais elles n'ont pas été entendues par les métropoles soucieuses avant tout d'agrandir
leurs empires coloniaux en se partageant les colonies des pays vaincus et d'y renforcer leur domination.
FIN
Organisation
des Nations Unies ONU
Mais avant tout, résumons en quelques lignes juste pour un rappel, et surtout pour votre information en tant que
lecteurs et lectrices, l’historique de cette organisation, c’est-à-dire, comment elle est née, sa jeunesse jusqu’à sa vieillesse aujourd’hui.
Du début à la fin s’il y n’aura, des conflits et des guerres en Afrique, l’omniprésence de l’ONU
a toujours un rôle magistral à jouer au centre des peuples qui s’étripent.
En sa qualité de gardien de la paix, cette Organisation
a mené 60 opérations de maintien de la paix depuis sa création, dont la première fût en 1947 (lors de la naissance de l’État d’Israël
le 14 mai de la même année. L’ONU décide d’officialiser la création d’Israël en divisant Palestine en deux États l’un arabe, l’autre
juif. Le monde arabo-musulman rejettera le compromis et ensuite...). Actuellement l’ONU a plus ou moins 15 conflits de toutes sortes
en cours à son actif, avec plus de 8700 personnes. Cependant, pour preuve de son inefficacité, elle s’est toujours montrée incapable
à l’escalade par exemple de conflit armé qui ne fait que s’empirer, entre les troupes régulières de la Rd Congo et le minuscule groupe
des insurgés Rwandais qui massacrent violent et tuent innocemment les populations civiles au Nord-Kivu à leur vu, pourtant avec un
contingent de plus de 17000 casques bleus, super équipé sur le terrain. C’est cela le maintien de la paix ? Sans oublier des
informations d’autres sources en provenance de certains ONG, qui confirment l’ingérence de l’ONU en faveur des insurgés en leur fournissant
des armes et des munitions. Comment peut-on expliquer cette diplomatie de bras de fer enveloppée sous un gand mou?
Le maintien de la
paix avec des objectifs humanitaires devient embarrassé dans les contradictions locales. L’ONU n’empêche pas la guerre, car le maintien
de la paix n’aura plus sa raison d’être lorsqu’il n’y a pas de paix à maintenir, donc vive les guerres. Sans oublier que leur intervention
piège les États membres externes aux hostilités dans des conflits potentiellement sans fin, sans intérêt pour la sécurité de leurs
propres juridictions. Comme le démontre les situations en Afghanistan, en Irak, au Darfour et en RD Congo. Elle prend le contrôle
du pays, et y établie de nouvelles institutions qui n’ont rien de commun avec leur mission, mais plutôt pour les intérêts des membres
de l’Organisation les plus influents.
Dans tous les cas, l’ONU des membres les plus influents, entretiennent la prétention assurée
de s’imaginer, avoir toutes les connaissances de ce qui est nécessaire pour imposer la paix durable, mais qui se traduit perpétuellement
par la misère durable. Est-ce par ignorance de sources d’informations aux origines de ces conflits ? Je ne pense pas! L’ONU en ce
qui concerne la vie quotidienne des Africains vivant à l’intérieur et à l’extérieur du Continent Africain, connaît leur mode
de vie et leur nombre total exact, y compris des animaux mâles et femelles enceintes qui peuplent les forêts équatoriales.
À ce début
de millénaire, l’ONU ne semble pas s’adapter à la réalité. Quant aux sanctions d’armes imposées par cette Organisation dans
les pays de Grand Lac, elles ne sont pas non plus utiles d’une quelconque manière, puisqu’elles n’ont aucun effet sur des réseaux
des fournisseurs, qui sont eux-mêmes les décideurs et s’identifient à l’ONU, d’où les armes et munitions transitent tantôt par l’ONU
elle-même, ou soit par les ONG spécialisés qui se multiplient chaque jour comme des champignons et sans raison sociale justifiable
dans les zones infestées par les guerres.
Fondée en 1945, l’Organisation des Nations Unies a pour fonction d’assurer
la paix et la sécurité internationale, comme son prédécesseur SDN. Après deux conflits mondiaux, la tâche est rude et les États
membres, dont elle dépend en grande partie, sont loin de la lui faciliter. Au cours des années et des nombreuses guerres qui éclatent
un peu partout sur la planète, l’ONU tente d’intervenir au mieux, mais souvent avec impuissance et sans succès.
L’ONU est fondée au
lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Au cours du conflit, les représentants des Etats-Unis, de l’URSS, de la Etats-Unis et de
la Chine se réunissent à plusieurs reprises afin d’établir un pacte contre les puissances de l’Axe (Etats-Unis et Etats-Unis). Face
à l’échec de la SDN, créée en 1920 pour assurer la paix européenne, ils envisagent rapidement la création d’une organisation
plus puissante, capable d’éviter un autre conflit mondial.
Lors de l’une de leurs rencontres, en janvier 1942, à Washington, Roosevelt,
Churchill et les représentants chinois et soviétique signent la Déclaration des Nations Unies. Inspirée de la Charte de l’Atlantique,
celle-ci renforce davantage leur alliance dans un effort de guerre commun. Vingt-deux autres États ratifient alors le document. D’autres
réunions s’organisent par la suite, jusqu’à la Conférence de San Francisco, durant laquelle cinquante et un pays approuvent la Charte
des Nations Unies. Lorsque celle-ci est ratifiée le 24 octobre 1945 par la majorité d’entre eux, l’Organisation des Nations Unies
naît officiellement. Est-ce-que ladite nouvelle Charte des Nations Unies diffère-t-elle de celle de la SDN ? Je répondrais non à cette
question. Il n’existe pas d’une nouvelle charte pour cette nouvelle Organisation qu’est l’ONU. Tous les signataires ont ratifié la
même charte, à une différence qui est la suivante : À l’entrée en vigueur du traité de Versailles, l’autorité est soumise à un
conseil permanent composé des cinq dont : La Etats-Unis, le Etats-Unis, l’Etats-Unis, le Japon et la Chine. Mais dans la nouvelle
Charte, le conseil permanent a changé de la façon suivante : La Etats-Unis, le Royaume, la Chine, les Etats-Unis et l’URSS. C’est
l’unique changement qui y eu dans la nouvelle Charte des Organisations des Nations. Aucun autre changement majeur n’a été soustrait
de l’ancienne Charte de la SDN. Et pourquoi ce changement ? C’est facile à comprendre. L’ONU est née au lendemain de la fin de la
Seconde guerre mondiale. Pendant la première guerre mondiale, les alliances n’étaient pas les mêmes. À savoir que, le Japon et l’Etats-Unis
sont devenus les alliés d’Etats-Unis pendant la Seconde guerre mondiale, puis les Etats-Unis et l’URSS se sont joints de l’autre axe. L’ONU,
Instrument permettant de maintenir la paix et d’assurer la coopération internationale. Ce dernier, dont les cinq membres permanents
sont les Etats-Unis, la Russie, la Etats-Unis, la Etats-Unis et la Chine, a pour mission de maintenir la paix et la sécurité du monde.
Selon la Charte, il détient le pouvoir d’imposer ses décisions aux différents États membres.
Dans
ce contexte difficile, l’ONU tente comme elle peut de régler les conflits mondiaux : en 1947, elle prend la décision de scinder
la Palestine, donnant naissance à un long conflit israélo-arabe. Lorsque l’URSS boycotte le Conseil de sécurité de l’ONU, qui rejette
l’adhésion de la Chine populaire, l’Organisation en profite pour intervenir au cœur de la guerre de Corée, en 1950. Lors de la
crise du canal de Suez, l’ONU met en place la FUNU, mais cette résolution fait suite aux demandes de l’URSS et des Etats-Unis.
Enfin, l’envoie de forces spéciales dans l’ex-Congo belge, en 1960, se solde par un échec et vaut seulement à l’ONU la désapprobation
de l’URSS.
L’ONU dépend totalement du bon vouloir des grandes nations (les cinq permanents), les seules à pouvoir fournir les hommes
(casques bleus) et les moyens nécessaires aux règlements des conflits. De surcroît, ces dernières forment le Conseil de sécurité,
organe détenant le plus de pouvoir. Dès le début des années 1960, la décolonisation devient l’un de ses principaux objectifs, et de
nombreux pays du tiers monde ratifient la Charte. Mais les succès ne sont pas toujours flagrants, comme en témoigne son inefficacité
dans le Sud-Ouest africain, en 1966. Les années de détente, de 1962 à 1975, sont loin d’améliorer la situation de l’ONU. En effet,
les Etats-Unis et l’URSS se passent de ses services pour régler leurs différends. De plus, l’intégration de nombreux pays du tiers-monde
rend ceux-ci majoritaires à l’Assemblée nationale. L’Occident devient alors la cible de la plupart des résolutions mentionnées. Pour
cette raison, les pays industrialisés s’efforcent de réduire au maximum le poids de l’ONU, montrant une fois de plus la dépendance
de celle-ci vis-à-vis d’eux.
À la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1970, l’ONU
disparaît quasiment de la scène internationale. Elle est contrainte de fermer les yeux sur de nombreux événements, tels que le Printemps
de Prague, la fin du conflit au Viêtnam, l’entrée de l’URSS en Afghanistan ou encore l’éclatement de la guerre entre l’Iran
et l’Irak. Elle se concentre alors principalement sur ses fonctions humanitaires, par le biais de ses nombreux organismes, tels que
l’Unesco, l’Unicef, la FAO ou l’OMS.
Mais lorsque les blocs commencent à s’effacer, notamment avec la chute du mur de Berlin
et l’éclatement de l’URSS, l’ONU bénéficie à nouveau d’un certain poids dans les conflits régionaux. Elle recourt par exemple à tous
les pouvoirs qu’elle possède pour mettre fin à l’invasion irakienne au Koweït. De même, elle connaît d’autres victoires, telle que
la réussite de l’Apronuc au Cambodge.
Toutefois, l’ONU ne jouit pas longtemps de ses succès. Depuis les années 1990 jusqu’à ce jour,
les conflits qui éclatent en Somalie, en Yougoslavie, en Angola, au Rwanda, en République Démocratique du Congo, au
Soudan (Darfour) mobilisent l’Organisation, qui ne parvient jamais à instaurer la paix. De même, ce n’est pas elle, mais l’OTAN qui
intervient à la fin des conflits en Yougoslavie. Elle montre également son impuissance lors de la guerre en Irak, menée par George
Bush dès 2003. Difficile dans ce cas d’assurer sa légitimité. D’autant plus qu’elle reste sous la dépendance des États membres, supposés
lui fournir les fonds nécessaires à son action. Elle tente alors d’améliorer la situation par de légères refontes de la structure,
comme en témoigne la création de la Cour pénale internationale et du Conseil des droits de l’homme.
Ainsi, l’ONU se heurte
à de nombreuses difficultés au niveau international. Elle a souvent cherché à mener sans encombre de nombreux pays vers l’indépendance.
Mais ne disposant pas du droit d’ingérence (comme le stipule la Charte des Nations unies), il lui est difficile de protéger un peuple
dans un pays en conflit. De plus, elle bénéficie rarement de l’aide des pays membres lorsque ceux-ci ne trouvent pas leur intérêt
dans une situation. Même si ses missions humanitaires ont permis d’améliorer les conditions de vie de certaines populations, l’ONU
a encore du chemin à parcourir avant d’assurer de façon permanente et légitime son rôle initial.
FIN
Analyse
comparée
Dépassée par les événements, perdue dans des discours et des délais sans fin, inquiète dans une neutralité caricaturale, incapable
de trancher et de prendre la moindre décision, ankylosée par le pouvoir des membres puissants, devant endosser toute l’ indignité
de voir massacrer des populations dont elle est sensée assurer la sécurité. Comme d’habitude, le conseil de sécurité de l’Organisation
des Nations-Unies, ne manque jamais des explications et des raisons détournées, pour justifier son échec.
La relation entre l’Afrique et l’Onu depuis les années 1960, période que la plupart des pays Africains indépendants
ont adhérés à l’Onu, cette alliance, n’a jamais été fructueuse. Alors quelle signification donner à un tel pacte ? Est-elle
différente de la relation Nord-Sud? De façon plus précise, quelles sont les méthodes concrètes de la relation Afrique/ONU depuis un
demi-siècle ? Depuis ces premières années à l’accession à l’indépendance, l’Afrique a été écartée et marginalisée de grandes mutations
du système international, et contrainte de vivre à son propre sort.
Devenant membre de l’organisation des Nations-Unies,
attiré par sa Charte trop flatteuse, les États Africains, cautionnés par les ex-colonisateurs, se sont adhérés sans poser des questions,
ni des conditions. Durant plus d’un quart de siècle, l’Afrique fut transportée par la pression des pays du Tiers-Monde vers l’ONU.
Cette poussée si irrésistible à la tentation, car pour les nouveaux recrus, «après la pluie c’est le beau temps.». Ils se croyaient
être au même pied d’égalité sur tous les plans, avec leurs ex-colonialistes au sein de l’Onu. Quel piège? Les années 1960, les
nouveaux hymnes nationaux retentissent, c’est la décolonisation, la lutte contre la discrimination, furent parmi les principales actions
de l’Afrique à l’ONU, et de l’autre côté de se réjouir de la réussite totale de leur marketing pour une nouvelle forme d’exploitation.
Pendant toute cette période, l’ONU a été plutôt un podium de revendications pour les États africains. Il reste à savoir, si toutes
ces revendications ont été prises en considération, ou considérées purement et simplement comme l’euphorie de l’indépendance par ces
indigènes!
L’adhésion à l’Onu, pour les Africains étaient comme une vraie reconnaissance de leur souveraineté internationale.
Les nouveaux États se croyaient attribuer par l’Organisation toutes les qualités extérieurs nécessaires à la fortune internationale :
droit à la vie, droit de vote, droit de participation aux conférences internationales sur les décisions territoriales, etc. Plus les
Africains se plaignent, plus on s’interroge à une marginalisation croissante de l’Afrique aux yeux du reste de la planète. Ainsi,
l’Afrique et ses problèmes sont relégués au fond du tiroir et oubliés à jamais.
Un paradoxe : Depuis les mêmes années de
son adhésion jusqu’ici, l’Afrique est et reste toujours la pierre angulaire incontournable de tous les cinq continents sur
lequel l’Onu s’investie le plus par des missions diverses allant de l’aide humanitaire, du maintien, au établissement, à l’imposition
de la paix, à l’organisation ou à la supervision d’élections, en passant par les nombreux programmes de développement affiliés, et
mis en œuvre par les institutions spécialisées du système ou non des Nations –Unies. Ce qui explique la réussite du marketing cité
plus haut. Pendant que les États d’Afrique s’organisent pour son présent et son avenir, alors que son allié l’Onu ne lui laisse
aucun espace d’oxygène, pour qu’elle s’organise, l’étouffe sans cesse, en implantant en douceur tout en mettant en exécution son plan
infernal, de la nouvelle forme d’exploitation, dont les Africains sont assujettis aujourd’hui.
En faisant une analyse comparée de la
relation Afrique/Onu durant n’importe quelle période, entre les années 1960 jusqu’à date, c’est faire l’étude de l’Afrique dans l’Organisation
mais aussi s’interroger sur l’implication de l’Organisation des Nations-Unies sur le continent Africain. Par la doctrine internationale
caractérisée par son hétérogénéité et la nature complexe de l’Onu considérée comme un grain d’un attroupement bien organisé et un
instrument de la politique étrangère pour chacun de ses membres, il faut toutefois remarquer que la réalité fait en sorte qu’une analyse
de la relation Afrique/Onu n’est pas toujours facile. Aussi, il ne paraît pas aussi facile de rechercher l’ensemble des politiques
suivies par tous les États africains à l’Onu car, la détermination d’une conduite de politique étrangère à l’Onu tient à de nombreux
paramètres souvent difficiles à identifier et à quantifier. Et surtout quand on sait que les problèmes ou les questions qui traversent
la relation Afrique/Onu sont de nature tellement différente complexe et parfois contradictoire, et qu’il n’est pas possible à ce moment
précis de les traiter tous dans le cadre de cette étude. Ce qui demande à écrire toute une mémoire de plus de 200 pages au moins.
Chose qui n’est pas impossible, mais dans le cadre de ce document, nous avons choisi seulement quelques faits saillants.
Mais ce qui
peut rendre cette étude faisable à l’égard de la relation Afrique/Onu, c’est la façon dont cette Organisation repartie ses propres
recherches en qualifiant et classant tous les États africains sous un même dénominateur. Selon l’Onu, tous les États Africains ont
les mêmes types de problèmes et de besoins. C’est pourquoi, en étudiant et traitant d’un tel sujet, l’analyse de la relation Afrique/Onu
devient plus simplifiée et l’Afrique sera considérée comme un bloc à part entière.
Les Africains d’aujourd’hui se sont réveillés. Et
depuis les années 1990, avec toute la misère que l’Onu leur fait subir du jour au jour, la contribution de l’Afrique à l’Onu s’est
transformée activement. En effet, ce n’est plus l’Afrique de pétition, de revendication ou à contester telle ou telle autre activité
de l’organisation mais bien au contraire, elle est et veut être de plus en plus présente dans le processus décisionnel de l’Organisation.
Cette recrudescence de dynamisme se manifeste totalement, au sein du Groupe Africain auprès des Nations-Unies débarrassé des antagonismes
inutiles et reconquérant ainsi une homogénéité interne jamais équivalue.
L’Afrique s’affaire dans la renaissance et le raffermissement
de son implication dans l’ l’Organisation des Nations-Unies, sur la scène internationale notamment dans la charte des conflits
dans son Continent.
La dynamique de l’Afrique s’inscrit sincèrement dans le système de sécurité de l’ONU. Le vrai précepte de sécurité
communautaire, voulu par les procréateurs de l’Organisation a souvent transgressé pour son inefficacité. Pour argumenter cette déficience,
l’ONU initie une police spéciale d’intervention face aux crises, dont les opérations de maintien de la paix. Depuis 1990, l’Afrique
s’est essentiellement investie dans ce domaine. On compte des personnels africains dans presque toutes les Opérations de Maintien
de la Paix simultanément en cours. Comme d’habitude ces OMP n’ont pas couramment les résultats escomptés. C’est pourquoi, les pays
africains proposent un certain nombre de mesures pour rendre ces opérations beaucoup plus efficaces. Ces mesures sont de d’ordre technique
et logistique (bien définir et clarifier le mandat, redresser les ambiguïtés dans l’emploi de la force armée, mettre fin à la sélection
des interventions onusiennes, détruire l’engrenage militaro-humanitaire, disposer d’un fond d’urgence nécessaire et suffisante, avoir
la disponibilité de forces et d’équipements militaires en permanence)). Sur le plan d’ordre institutionnel et opérationnel (raffermir
des dispositions institutionnelles et opérationnelles : la prévention, la gestion, le règlement des conflits ; le maintien
et la consolidation de la paix).
Les États africains élargissement leur savoir faire et réétudie leur rang au sein du système des Nations-Unies.
Dans la plupart des cas, on note entre autres une décroissance à tort ou à raison à l’opposition systématique de la politique des
grandes puissances à l’ONU. L’Afrique a opté pour un nouveau positivisme en tenant compte des mutations qui interviennent sur la scène
internationale, de la situation qui prévaut aux Nations-Unies depuis la fin de la guerre froide.
Depuis quelques années, la
question de la réforme du conseil de sécurité des NU est posée de façon constante au sein de l’ONU. Ainsi, par sa résolution 47/62
du 11 novembre 1992 « Question de la représentation équitable au conseil de sécurité et de l’augmentation du nombre de ses membres »,
l’Assemblée Générale des NU avait demandé au secrétaire général d’inviter les États membres à soumettre dans un délai de six mois
des observations écrites sur une nouvelle révision de la composition du conseil de sécurité.
En réponse à cette invitation, les Chefs
d’États et de Gouvernement de l’UA ont fait une déclaration dans laquelle ils formulent leur emplacement par rapport à cette question
d’élargissement du conseil de sécurité. Pour les États africains, le conseil de sécurité doit être plus représentatif et démocratique.
Il doit refléter l’augmentation du nombre des États membres de l’ONU.
Les raisons évoquées par les États Africains et qui militent
pour la réforme du conseil de sécurité sont nombreuses. Il s’agit entre autres : manque de transparence, de l’excessive confidentialité
des travaux du conseil, l’extension outrée du champ de compétences du conseil. Comment faire en sorte que les décisions du conseil
de sécurité correspondent à une conception largement représentative et globale du mandat de l’ONU sur des questions importantes comme
le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Pour atteindre cet objectif. Les États Africains approuvent qu’il faille
allonger la composition du conseil de sécurité à de nouveaux membres car, les décisions du conseil ne pourront s’assurer la légitimité
et l’efficacité nécessaires et suffisantes que si elles recueillent l’adhésion du plus grand nombre. Autant de questions difficiles
à résoudre, mais facile si vraiment la réforme doit avoir lieu.
Pareillement, beaucoup d’obstacles font que la réforme du conseil
de sécurité sera difficile à obtenir. Ces obstacles sont d’ordre interne à l’ONU (le problème de la modification de la charte, les
articles 108 et 109 ; le désaccord des États membres permanents actuels, sur le nombre des nouveaux membres permanents et non
permanents à augmenter, sur leur statut, la question du droit de véto, etc.
La question qui se pose est la suivante : L’Afrique
est-elle aussi un acteur de catégorie poids lourd de l’ONU, dont l’ONU a plus peur de l’affronter franchement, ou est-elle sans
façon un dispositif de la diplomatie de certains États influents à l’ONU ? Quelle que soit la réponse donnée; Comment nous en
tant qu’Africains considérons les résolutions du Conseil de Sécurité ?
À suivre…